La SPA demande à Aurélie Filippetti d'abroger le classement de la corrida au patrimoine immatériel français

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La SPA demande à Aurélie Filippetti d'abroger le classement de la corrida au patrimoine immatériel français
Le mercredi 17 octobre 2012

La SPA demande à Aurélie Filippetti d'abroger le classement de la corrida au patrimoine immatériel français

LETTRE OUVERTE

Paris, le 21 septembre 2012

Madame la Ministre,

Vous n'êtes pas sans savoir que ce vendredi 21 septembre 2012, le Conseil Constitutionnel a considéré que la corrida (et plus spécifiquement la première phrase du septième alinéa de l’article 521-1 du code pénal) était conforme à la constitution de notre pays. Les Sages ont laconiquement déclaré que «ces pratiques traditionnelles ainsi autorisées ne portent pas atteinte à des droits constitutionnels protégés».

En rejetant la question prioritaire de constitutionalité qui lui avait été soumise par des associations anti-corrida, le Conseil Constitutionnel confirme juridiquement l’étrange concept de cruauté à géographie variable qui a été créé dans notre code pénal pour donner satisfaction aux partisans de la tauromachie. 

Pourtant, vous n'ignorez certainement pas qu'un grand nombre de nos compatriotes sont favorables à l'abolition de cette pratique cruelle (48% selon l'Ifop, 57% selon le CSA).

En tant qu'ancienne membre du cabinet d'un ministre de l'Environnement, et ancienne adhérente des Verts, il est évident que vous devez avoir un minimum d'empathie pour les animaux. Alors, pourquoi laisser se perpétrer des actes aussi atroces ?

Vous avez le pouvoir de désinscrire la corrida du patrimoine culturel français. Vous avez le pouvoir de montrer que la France ne veut pas autoriser la mise à mort de bêtes innocentes.

En tant que citoyens français, profondément opposés à la corrida, nous refusons que la torture fasse partie de la culture de notre pays. Nous ne sommes pas des barbares. Nous ne souhaitons plus voir les animaux souffrir ainsi, tandis que d'autres se repaissent du "spectacle" de leur agonie. Nous ne voulons plus que la violence gagne.

Le débat qui inonde les médias ce jour, et qui s'est déroulé devant le Conseil Constitutionnel, ressemble plus à une bataille de juriste qu'à un débat sur le fond du problème. Et Harlem Désir, premier secrétaire intérimaire du Parti Socialiste, de déclarer sur i-Télé : «Je ne suis pas sûr que ça relève de l'ordre constitutionnel. Je pense qu'il y a des traditions, il faut laisser chaque région, chaque pays décider par lui-même».

La loi actuelle est réellement discutable, voire absurde, car en l'état, elle permet des dérogations (au titre de "traditions locales ininterrompues") à un principe de répression pénale, dérogations sur lesquelles s'est d'ailleurs appuyé le Conseil Constitutionnel, alors que derrière tous ces termes réglementaires se cachent des faits bien réels. Des faits impliquant la soumission d’êtres vivants à un stress phénoménal, et à des blessures sérieuses et répétées, jusqu’à leur mort.

Aujourd’hui, en France, la répression de la cruauté s’arrête là où commence une "tradition locale ininterrompue".  Les « Sages » ont préféré confirmer la légalité de ce dispositif plutôt que de rendre une décision qui aurait été historique, et renvoient les associations anti-corrida à une modification de la loi. En clair : c’est absurde mais, pour le moment, c’est légal.

La Société Protectrice des Animaux vous demande solennellement d'agir afin que la France cesse d'être tâchée du sang des taureaux sacrifiés au nom d'un simple divertissement, d'un rite. Nous vous demandons d'abroger le classement au patrimoine immatériel instauré par Frédéric Mitterrand.

Dans quelques jours, la députée Geneviève Gaillard va déposer une proposition de loi allant en faveur de l'abolition de la corrida. Nous espérons sincèrement que vous, et les membres du gouvernement Ayrault, la soutiendrez.

Pour rappel, voici la définition de la tauromachie telle qu'elle a été rédigée par l'UNESCO en 1980 : « La tauromachie est l'art scélérat et vénal de torturer et de mettre à mort des animaux selon des règles, dans la légalité et en public. Elle aggrave l'état des psychopathes attirés par ce genre de spectacles. Elle dénature la relation entre l'homme et l'animal. Ce type de spectacle est contre la morale, la science et la culture ». 

En espérant que ces quelques mots auront retenu votre attention et sauront vous faire réfléchir, et que les propos tenus par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, qui aurait déclaré hier au Midi Libre : « Plusieurs membres du gouvernement sont aficionados. On a une capacité à bloquer tout projet éventuel » ne soient pas le reflet de la pensée de tout le gouvernement, 

Nous vous prions de bien vouloir agréer, Madame la Ministre, l'expression de notre très haute considération.

 

                                                                          La Société Protectrice des Animaux.

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