La SPA interroge l'Oréal sur les tests sur les animaux

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La SPA interroge l'Oréal sur les tests sur les animaux
Le mercredi 17 octobre 2012

La SPA interroge l'Oréal sur les tests sur les animaux

Soucieuse du bien être des animaux, la SPA a souhaité obtenir des informations sur les activités de tests de cosmétiques sur les animaux du groupe l'Oréal, en particulier dans le cadre de sa collaboration avec l'EPA. L'Oréal nous a affirmé ne plus effectuer aucun test sur les animaux en Europe.

L'équipe scientifique qui gère le sujet des test sur les animaux au sein de l'Oréal a accepté de répondre à nos questions, afin de faire le point, notamment, sur les mesures prises par l'entreprise pour limiter ces pratiques.

Voici ce qu'ils nous ont expliqué : " Le groupe L’Oréal s’est engagé très tôt dans cette démarche éthique, dès la fin des années 70, avec une conviction profonde qui était et reste : la science et les investissements continus en recherche permettront d’atteindre l’objectif. 

Dès 1989, nous arrêtions tous les tests sur animaux pour les produits finis grâce aux logiciels dits QSAR qui associent une activité à une structure chimique et surtout à nos premiers épidermes reconstruits. Cet objectif a été atteint 14 ans avant que la réglementation ne l’exige en Europe.

Pour les ingrédients la situation est plus délicate car, pour enregistrer un nouvel ingrédient, il faut fournir aux autorités un dossier d’évaluation de la sécurité basé sur des test sur animaux ; sauf s’il existe une méthode dite alternative validée, visant à remplacer ou réduire les tests. Dans ce domaine, L’Oréal a fortement contribué en mettant au point des méthodes de remplacement total, en participant aux validations et en développant un réseau de partenariats -scientifiques, industriels, institutionnels- mais aussi et surtout en partageant les avancées en particulier en rendant les peaux reconstruites accessibles à tous grâce à une unité de production à Lyon/ Gerland en 2001.

Les efforts se sont mondialisés et en 2008 nous avons créé un laboratoire et une unité des production de peaux asiatiques en Chine afin de promouvoir ces méthodes alternatives validées auprès des académiques et surtout les autorités locales. 

Une étape majeure a été l’inauguration en Avril 2011 d’un centre mondial d’évaluation prédictive à Gerland en France, le premier de l’industrie cosmétique relié a tous les autres laboratoires de recherche et développement de L’Oréal. A Gerland, le but est de prédire la sécurité et l’efficacité d’un ingrédient avant même de le synthétiser en grande quantité sans jamais avoir recours à l’animal mais en exploitant le patrimoine de données (plus de 100 ans de cosmétiques) et en intégrant les avancées du design moléculaire, des systèmes experts en toxicologie, de l’ingénierie tissulaire, de l’imagerie, de la robotisation … Ces stratégies intégrées d’évaluation prédictives nous permettent de limiter considérablement les tests sur animaux, nous sommes en dessous de 1% des études de sécurité.

Ce qui est encore difficile à prédire sont des effets toxiques systémiques comme l’allergie. C’est dans cette optique que nous avons entamé un partenariat sur 3 ans avec l’EPA aux USA. Cette agence développe entre autre un outil prédictif, Toxcast, dont nous souhaitons valider l’application aux substances cosmétiques. Un premier ensemble de 20 substances représentatives de la cosmétique et très difficiles à évaluer est en cours d’étude.

L’objectif est « zéro animal » pour des produits sûrs, efficaces, et de qualité donc tant qu’il ne sera pas atteint nous poursuivrons notre recherche en évaluation prédictive ".

L'Oréal conclut en nous affirmant qu'à ce jour, "plus aucun test sur animaux n'est pratiqué en Europe", et ajoute que pour les 6 milliards de produits cosmétiques vendus dans le monde, "aucun test pour les produits finis" ne sont réalisés, même si "il se peut que dans certains pays les autorités en conduisent sur nos produits, mais nous ne sommes pas prescripteurs".

Néanmoins, l'Oréal confesse que "pour les ingrédients pour lesquels les données manquent et la science n’est pas au rendez vous, quelques rares études (moins de 1%) nécessitent de l’ordre de 1500 rats et souris de laboratoire ".

Le groupe montre cependant une volonté d'aller dans le bon sens, en limitant au maximum le recours aux animaux pour les tests, et en encourageant le recours à ces technologies en permettant à ses concurrents d'y accéder.

Nous ne pouvons qu'approuver un tel cheminement, et encourager l'Oréal à aller encore plus loin dans cette direction, tout en espérant que les autres entreprises du secteur cosmétique sauront emprunter la même voie, et oser enfin abolir les souffrances infligées en laboratoire à nos amies les bêtes.

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