Le Préfet des Hautes Alpes autorise les tirs de défense contre les loups

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Le Préfet des Hautes Alpes autorise les tirs de défense contre les loups
Le mercredi 17 octobre 2012

Le Préfet des Hautes Alpes autorise les tirs de défense contre les loups

Tir : le mot inquiète, et pourtant, il peut protéger et les troupeaux, et les loups. Nous vous expliquons pourquoi, tout en faisant le point sur la situation actuelle.

Par trois arrêtés, le Préfet des Hautes-Alpes a autorisé les tirs de défense contre les loups sur le territoire de 8 communes après de nouvelles attaques attribuées à l'animal : l'arrêté du 1er août 2012 concerne Saint-Etienne-en-Devoluy ; ceux du 6 août Saint-Disdier-en-Devoluy, Nevache et Val des Prés ; et enfin, les arrêtés préfectoraux du 9 août portent sur Barcillonnette, Esparron, Savournon et Agnières-en-Dévoluy.

Tous font suite à des attaques de loups et à des demandes d'éleveurs. Comme le précisent les communiqués officiels de la Préfecture, "ces  mesures  sont  encadrées  par  les  textes  applicables  et  le  « protocole loup » : les tirs devront être exercés, dans le respect des normes de sécurité, par des éleveurs et chasseurs dûment désignés, et sous l'autorité de lieutenants de louveterie agréés".

Tirer sans viser le loup

Les tirs de défense ne sont pas destinés à être mortels (contrairement aux tirs dits "de prélèvement", dont le but est d'abattre des canidés). Leur but est d'effaroucher les loups "pour les éduquer, leur faire comprendre qu'il y a du danger a approcher un troupeau", nous explique Jean François DARMSTAEDTER, le président de la FERUS (association pour la conservation de l'ours, du loup et du lynx en France). Ils peuvent à la fois protéger les ruminants et les ovins, mais aussi, éloigner les loups et leur éviter les représailles qui surviennent en cas d'attaque. Car si un tir de défense consiste à tirer en l'air pour faire fuir le prédateur, en cas d'attaque du troupeau, ils permettent de le tuer.

Quant au "protocole loup", de quoi s'agit-il ? C'est un arrêté publié une fois par an, qui fixe le nombre de loups qui peuvent être abattus chaque année. Le 10 mai a été publié celui concernant la période 2012-2013. Au cours de ces mois, le nombre maximal de loups pouvant être tué est de 11 (contre 6 pour 2011-2012).

"L’article 2 du texte précise que, dès que huit loups auront été abattus (soit du fait de tirs légaux, soit du fait d’actes de braconnage), les tirs de prélèvement seront suspendus et seuls les tirs de défense seront autorisés", détaille la FERUS.

Ce qui est étonnant, c'est qu'en comparaison à cette augmentation (11 contre 6), on ne sait pas si le nombre de loups dans nos montagnes a, lui aussi, augmenté.

De plus, par un communiqué envoyé hier à la presse, le ministère de l'Ecologie affirme que "les attaques de loups contre les troupeaux sont légèrement en baisse depuis le début de l'année par rapport à 2011, avec 497 attaques recensées au 25 juillet contre 585 à la même date il y a un an".

Le ministère précise néanmoins que "ces données doivent être interprétées avec prudence, dans la mesure où elles représentent l'état des dossiers instruits par les services départementaux de l'Etat" au 25 juillet. Peuvent ainsi y figurer des constats pour lesquels, après expertise technique, la responsabilité du loup sera finalement écartée, et, à l'inverse, n'y figurent pas forcément toutes les attaques, certains constats pouvant ne pas avoir encore été réalisés".

La France compterait actuellement une population d'environ 200 loups, d'après l'AFP, que les éleveurs, principalement dans le sud-est, accusent de décimer leurs troupeaux.

La ministre de l'Ecologie, Delphine Batho, a promis fin juillet "l'ouverture d'un processus de concertation dans la perspective d'un nouveau plan national d'action" sur le loup qui succédera en 2013 au plan 2008-2012.

Ce "plan loup" vise à protéger le loup tout en limitant son impact sur l'élevage. Il pose les principes relatifs à l'indemnisation des dommages subis par les éleveurs et le suivi scientifique des populations de loups.

A suivre...

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