Les "boeufs tirants" : les taureaux subissent un calvaire en Guadeloupe

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Les "boeufs tirants" : les taureaux subissent un calvaire en Guadeloupe
Le mardi 19 mars 2013

Les "boeufs tirants" : les taureaux subissent un calvaire en Guadeloupe

 

Les concours barbares de "boeufs tirants" font souffrir de nombreux bovidés en Guadeloupe, où ils sont très répandus. Pour dénoncer cette horreur, les associations de protection animale SPA et One Voice ont adressé ce mardi 19 mars 2013 un courrier aux ministres de l'Outre Mer et de l'Agriculture, dont voici la copie ci-dessous :
 
 
 
 

Messieurs les ministres,

Nous souhaitons ce jour attirer votre attention sur une pratique de plus en plus courante en Guadeloupe, qui bafoue la dignité et le bien être des animaux.

Comme vous le savez certainement, dans ce territoire d'outre-mer, les attelages de boeufs sont encore utilisés pour transporter diverses marchandises (même si les remorques les remplacent de plus en plus). Ces animaux, qui travaillent ardemment, sont en général bien traités. Mais, à côté de cela, existent depuis plusieurs années des concours abjects : les concours de "boeufs tirants".

Ils concernent des taureaux attelés. Ces concours de labours et de traction sont une véritable torture pour les animaux. Si les coups de fouet sont limités à 12 par le règlement (ils ne sont pas limités durant les entraînements), ils pleuvent néanmoins durant les concours... D’ailleurs, de nombreuses bêtes se retrouvent avec les testicules ou l’intérieur des cuisses en sang suite à des coups de fouets intentionnels, donnés pendant ces concours…

Les taureaux sont menés depuis la charrette qu'ils tirent par des cordes reliées à des anneaux de fil de fer mis dans leurs naseaux. Résultat : les nez des boeufs sont fréquemment arrachés. De plus, pour se donner plus de chances d'être vainqueurs, les concurrents dopent leurs bovins aux broncho-dilatateur et stéroïdes.

D’ailleurs, de nombreux vétérinaires s’opposent à ces pratiques parce qu’ils savent que les naseaux du taureau sont une partie sensible de l’animal -qui ressent une forte douleur dès que l’on tire dessus-, et qu'ils peuvent être déchirés, voir arrachés, au cours des épreuves de bœufs tirants.

Ces concours devenant de plus en plus populaires, leurs partisans aimeraient  les voir ériger au rang de  tradition officielle et reconnue (comme peuvent l'être les corridas et les combats de coq en France) afin  d’empêcher qu’ils soient qualifiés  d’actes de cruauté au sens de l’article L 521 – 1 du code pénal (actes susceptibles d’être punis de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende).

En effet, de manière parfaitement injustifiée, l’alinéa 3 de l’article L 521-1 du code pénal exclu la qualification d’actes de cruauté lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée.

La SPA qui milite depuis de nombreuses années pour l’abolition de cet alinéa est bien entendu fermement opposée à l'octroi d'un tel statut pour ces jeux aussi barbares que l'étaient ceux des cirques.

Nous souhaitons vous interpeller sur  l’organisation et la  tenue de telles manifestations, afin de faire cesser ces souffrances injustes infligées à des animaux .

Nous vous remercions par avance de l’attention et de la suite que vous réserverez à la présente.

Nous vous  prions de bien vouloir agréer, Messieurs les Ministres, l'expression de notre très haute considération.

 
                                                                          La Société Protectrice des Animaux.
 
 
 
 
 

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