Biodiversité : vers la 6ème extinction de masse

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Biodiversité : vers la 6ème extinction de masse Le saviez-vous ?
Le mercredi 19 juillet 2017

Biodiversité : vers la 6ème extinction de masse

Le 10 juillet dernier, une équipe de chercheurs américains et mexicains publiait une étude très alarmante sur l’évolution de la biodiversité dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), pointant un « anéantissement biologique ». Selon les scientifiques qui ont examiné l’évolution des populations de 27 600 espèces de vertébrés terrestres, 32 % d’entre elles sont en recul de manière massive, à la fois en nombre d’animaux et en étendue.

En cause ? Les pertes d’habitats (déforestation, agriculture, artificialisation des sols…), la chasse et le braconnage, la pollution et le changement climatique.

Disparition des populations

« Nous constatons que le taux de perte de population des vertébrés terrestres est extrêmement élevé, y compris chez les "espèces peu concernées" » écrivent Gerardo Ceballos (Université nationale autonome du Mexique), Paul Ehrlich et Rodolfo Dirzob (Stanford).

Dans leur étude, les chercheurs n’ont pas voulu se concentrer exclusivement sur le déclin des espèces menacées mais ont plutôt cherché à quantifier le déclin des populations, c’est-à-dire des groupes d’animaux sur un territoire, que ce soit pour les plus menacées identifiées par l’IUCN, comme pour celles dites « communes et peu concernées ».

En effet, l’analyse de la disparition des espèces uniquement est, pour eux, trompeuse car elle « peut donner l'impression que la biodiversité terrestre n'est pas immédiatement menacée mais qu'elle entre juste lentement dans un épisode d’érosion majeur, que l’on pourra combattre plus tard. Or, la disparition des populations est un prélude à celle des espèces ».

Parmi les exemples les plus représentatifs, on retrouve les lions (50 000 en 1990 contre 35 000 aujourd’hui), les guépards (100 000 en 1900 contre 7 000 aujourd’hui), les orangs-outangs (288 500 en 1973 contre 47 000 estimés en 2025).

Ce que l’on sait moins, c’est que près de 30 % de ces espèces en déclin sont considérées comme communes. Elles sont classées comme « faible préoccupation » et non pas comme « en danger » par l’UICN. En France, le chardonneret a, par exemple, enregistré une baisse de 40 % de ses effectifs depuis dix ans. « Qu’autant d’espèces communes voient leurs effectifs diminuer est un signe fort de la gravité de l’épisode d’extinction biologique actuel », prévient Gerardo Ceballos.

Les chercheurs rappellent aussi qu'en un siècle, 200 espèces de vertébrés se sont déjà éteintes. « Cela représente environ deux espèces par an. Or, si l'on se fie au taux d'extinction "normal" de ces deux derniers millions d'années, ces 200 espèces auraient dû mettre jusqu'à 10.000 ans à disparaître ».

Quelques décennies pour agir

« Nous ne disposons que d’une petite fenêtre pour agir, deux ou trois décennies au maximum », préviennent les scientifiques qui ont réalisé l’étude. « L’érosion des espèces entraîne de graves conséquences en cascades sur l’ensemble des écosystèmes, ainsi que des impacts économiques et sociaux pour l’humain », rappelle Gerardo Ceballos, mettant ainsi en avant les dangers non pas seulement pour la biodiversité mais aussi pour l’humanité.

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