Du simple conseil aux salles d’audience : le service de la Protection animale de la SPA sur tous les fronts

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Le lundi 20 avril 2015

Du simple conseil aux salles d’audience : le service de la Protection animale de la SPA sur tous les fronts

Aujourd'hui, la Responsable des services Protection animale de la SPA nous raconte le rôle primordial de ses équipes, qui luttent jour après jour pour améliorer le bien-être des animaux.   #INTERVIEW

 

En quoi consiste votre métier et celui de votre équipe ?

En tant que Responsable de la Protection animale de la SPA, je supervise trois services : le service des Enquêtes, composé notamment des Inspecteurs, qui centralise et transmet les dénonciations d’animaux maltraités ; le service des Délégués-enquêteurs qui agissent bénévolement dans toute la France pour s’assurer du bien-être des animaux adoptés dans leurs nouveaux foyers et qui peuvent mener des enquêtes pour maltraitance ; et le service Juridique/Protection composé de trois juristes et d’une secrétaire juridique.

En outre et avec le Directeur de la Protection animale, nous menons régulièrement une réflexion sur la Protection animale.

 

Le métier d’Inspecteur et le rôle des Délégués-enquêteurs ayant déjà été expliqués par le passé (*), pouvez-vous nous parler plus particulièrement du service Juridique/Protection ?

Le travail des juristes de la Protection animale se scinde en deux missions.

Premièrement, ils ont un vrai rôle de Conseillers en répondant à toutes les questions portant sur les animaux. Ces dernières peuvent être posées indifféremment par :

- des particuliers,

- des Institutions,

- nos refuges.

Les questions et les demandes de conseils peuvent être très diverses. En effet, les lois sur les animaux sont incluses dans de nombreux Codes (Code civil, Code rural, Code du commerce, Code pénal…). Il y a donc autant de thématiques possibles qu’il y a de Codes !

Chaque année, la SPA enregistre plus de 2 500 nouvelles demandes de conseils.

Deuxièmement, ils interviennent dans les affaires de Contentieux, c’est-à-dire du dépôt de la plainte pour maltraitance jusqu’à l’audience.

La SPA peut se porter partie civile dans 3 cas :

- les mauvais traitements

- les actes de cruauté ou sévices graves

- l’atteinte volontaire à la vie d’un animal

 

* Zoom sur le métier d’Inspecteur de la SPA : http://www.spa.asso.fr/actualites/zoom-sur-le-metier-dinspecteur-de-la-spa-interview

* Devenir Délégué-enquêteur bénévole : http://www.spa.asso.fr/actualites/vous-souhaitez-enqueter-sur-le-bien-etre-des-animaux-devenez-delegue-enqueteur-benevole

 

Chronologiquement, comment en arrive-t-on à une saisie ?

A la suite du signalement d’actes de maltraitance, l’Inspecteur ou le Délégué-enquêteur va mener une enquête pour vérifier la véracité de l’accusation. Si cette dernière est fondée et que le particulier n’est pas disposé à améliorer les conditions de vie de son animal, une plainte sera déposée et une saisie pourra être organisée afin de mettre l’animal en sécurité. L’animal ainsi réquisitionné n’est en aucun cas adoptable le temps de la procédure judiciaire. Lors d’une saisie, la SPA est toujours accompagnée par les forces de l’ordre.

 

Qu’est-ce qui procure à la SPA cette force d’action et sa crédibilité face aux autorités ?

Nous vérifions toujours grâce aux enquêtes la véracité des dénonciations de maltraitances, avant même de déposer une plainte.

La SPA agit toujours dans le respect des procédures, elle constitue des dossiers solides et les suit de A à Z.

 

Quel est votre parcours ? Comment peut-on accéder à cette profession ?

Pour ma part, je dispose d’un Bac+5 en Droit général. Après l’obtention de mon diplôme, j’ai souhaité concilier mon bagage universitaire avec ma passion pour les animaux. Il y a 11 ans, j’ai donc postulé à la SPA et j’ai obtenu le poste de Secrétaire juridique au service de la Protection animale. Petit à petit,  j’ai gravi les échelons et je suis aujourd’hui Responsable de la Protection animale.

Pour accéder à cette fonction, il est nécessaire d’avoir un solide bagage juridique. En outre, l’affinité avec l’animal est primordiale. Un bon juriste de la Protection animale est une personne qui comprend les animaux ainsi que les individus qui travaillent avec eux. Il doit avoir une grande capacité d’écoute des différents refuges et savoir faire preuve d’altruisme. Il doit également adhérer aux valeurs de la SPA.

 

La SPA est-elle consultée pour l’élaboration de textes concernant le droit de l’animal ?

La SPA participe régulièrement aux réunions organisées par la Direction Générale de l’Alimentation et plus spécifiquement par son Bureau de la Protection animale pour travailler ensemble sur les textes applicables, notamment sur les évolutions législatives au sein du Code rural mais également du Code pénal.

Par exemple, nous avons travaillé sur les normes des structures accueillant les animaux (éleveurs, animaleries…) ou encore sur l’évolution de la loi sur les chiens dits « dangereux ».

 

Le service juridique de la Protection animale fait-il du lobbying auprès des instances gouvernementales ?

Lors de ces réunions précitées auxquelles participent les différents acteurs du monde animal, la SPA donne sa position et essaye d’insuffler les notions de protection animale, nécessaires afin de voir les textes évoluer et mieux prendre en compte les besoins et les spécificités de nos protégés.

Cela peut donner lieu à de nombreux débats parfois houleux, mais les derniers textes entrés en vigueur en avril 2014 qui s’appliquent essentiellement aux professionnels et concernent le bien-être animal, sont très positifs.

D’autres sont en cours de modification et des réflexions sont menées. Depuis 11 ans que j’exerce ce métier, ces dernières marquent à mon sens une bien meilleure prise en compte des besoins des animaux.

 

Plus personnellement, qu’est-ce qui vous anime dans ce métier ? Au regard de toute la cruauté que vous pouvez voir au quotidien, qu’est-ce qui vous fait garder cette énergie, cette passion ?

Ce qui m’anime dans mon métier, c’est l’amour que je porte aux animaux et la pluralité des disciplines que j’exerce, au travers du Conseil, du Contentieux et des missions sur le terrain auprès des refuges, lors des saisies par exemple. Mon métier me fait voir ce qu’il y a de pire en matière de cruauté humaine envers les animaux mais aussi ce qu’il y a de meilleur dans l’humain grâce aux refuges et aux personnes qui y travaillent.

C’est notamment ce qui me fait tenir le coup face à toute cette cruauté, en plus de l’envie de faire avancer les choses.

Par ailleurs, plus je comprends les animaux, mieux je les connais, plus j’ai envie de porter leur voix.

Je suis vraiment fière et heureuse d’appartenir à cette grande maison qu’est la SPA, et qui est pour moi la plus grande association de protection animale.

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