L’abandon : un traumatisme pour les animaux

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Le vendredi 7 août 2020

L’abandon : un traumatisme pour les animaux

Depuis quelques semaines déjà, la Société Protectrice des Animaux sensibilise le public aux dommages engendrés par l’ABANDON.
Une question nous revient souvent : comment expliquer que cet acte ignoble soit toujours commis ?
Notre réponse : l’abandon continue entre autres de se perpétrer à cause d’un manque de sensibilisation du public quant à ses conséquences désastreuses.

En effet certaines personnes ont bien du mal à se figurer que leurs actes peuvent briser le mental d’un animal, allant souvent jusqu’à affecter leur condition physique.

La plupart d’entre nous connait et reconnaît l’existence du stress, de l’anxiété et des grands abattements chez les humains. Pourquoi est-il donc si compliqué d’en déduire que ces derniers existent également chez nos compagnons poilus ?
Aujourd’hui, la Société Protectrice des Animaux vous propose d’explorer ensemble les impacts concrets de l’abandon sur les êtres vivants sensibles que sont les animaux.

L’abandon et le stress

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

Les animaux domestiques sont, comme leur nom l’indique, domestiqués.

Cela signifie qu’ils ont un rapport à l’homme significativement différent des animaux sauvages. Une relation se tisse : un lien de confiance, de soutien, et parfois d’accompagnement (chiens d’aide). Une relation solide –donc– dont l’humain comme l’animal espèrent et escomptent tirer des intérêts communs :

  • de la protection
  • une subvention à des besoins respectifs
  • des sensations agréables de satisfaction, de contentement, d’affection prodiguées par la présence de l’un pour l’autre par le biais de moments de jeux, de complicité et de tendresse

Ce lien s’apparente donc à une relation amicale, voire à une relation de filiation. L’animal est un ami, il est un membre du foyer, de la famille. Il fait partie de la vie comme l’entourage humain. C’est pour cette raison que l’abandon est si « incompréhensible » pour certaines personnes détentrices d’animaux.

À part la distinction évidente que présente la différence de race, et la caractérisation subjective et changeante de ce que chaque détenteur d’animal éprouve pour son compagnon, il est certain que l’Homme a recherché la présence des animaux dans son cercle pour diverses raisons. Il n’est donc pas étonnant que lorsqu’un animal s’est habitué à un foyer, à un autre être, qu’il considère comme un repère, une fiabilité, un « toit » littéral et figuré – la notion de l’abandon s’accompagne alors d’une très forte montée de stress.

« Du stress ? Quel stress ? »

L’animal abandonné, avant tout, est un animal qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Il est placé brusquement dans un état d’incertitude, d’insécurité et d’inquiétude. Il est stressé.

Le stress est avant tout une sensation. Si communément connue, elle demeure une notion floue et il est difficile d’y accoler une définition unique et fixe. Après tout, ce qu’est le stress et sa façon de se traduire chez tout un chacun varie d’un être vivant sensible à l’autre.

Le stress négatif – autrement dit celui qui n’engendre pas seulement la stimulation, mais bien une peur et/ou une anxiété – survient lorsque la situation étrangère apparaît menaçante. Le stress perturbe l’équilibre d’un organisme et engendre des manifestations qui peuvent s’avérer très déplaisantes, voire douloureuses pour l’animal.

« Le stress, c’est pas grave ! »

Si, le stress est à prendre au sérieux.

Le stress aigu, autrement dit ponctuel et irrégulier, peu fréquent, est caractérisé comme le « bon stress » ; celui qui mobilise, rend actif et stimule.
Le stress chronique, suite à un traumatisme tel que celui de l’abandon, peut lui engendrer un état d’anxiété.

Les facteurs stressants varient mais sont nombreux et suite à l’abandon, on les retrouve tous, et ce même si l’animal est « sauvé » et pris en charge par un refuge :

  • Facteurs physiques stressants : transport, déménagement, visites médicales, odeurs inhabituelles et inconfortables, présence d’un ou de nouveaux congénères, changement d’alimentation de par sa composition ou sa fréquence de distribution, stress sonore manifesté par des bruits, modification de la température ambiante, surpopulation, le confinement/l’isolement…
  • Facteurs psychiques stressants : lors de situations extrêmes comme l’abandon par le propriétaire, le décès de ce dernier ou encore le décès d’un des congénères… Un syndrome dépressif peut même survenir et se traduire par une altération des comportements alimentaires, ludiques, sociaux et de toilettage et des cycles du sommeil…

Si l’animal a mal quelque part, ou s’est blessé / a été blessé lors de son abandon, le stress majore la perception de la douleur. Un cercle vicieux terrible pour l’animal. Le stress engendré par la douleur se manifeste et peut entraîner le stress des congénères avoisinants, alertés par des vocalises (gémissements, grognements, hurlements…)
L’anxiété peut également provoquer de la boulimie ou de l’anorexie, de l’abattement, du léchage compulsif, des réactions d’évitement et de retrait.
L’animal peut également être agacé, irrité : l’agression va permettre la soustraction de l’animal au contact humain ou de ses congénères, et lui sert à masquer sa vulnérabilité, pourtant flagrante pour les initiés.

Tous les aspects de l’existence de l’animal sont donc affectés.

« Vous n’exagérez pas un peu ! »

Non, nous n’exagérons malheureusement pas.

Le choc de la perte involontaire et soudaine d’un copain congénère ou d’un maître est déjà d’une grande violence pour un animal… Mais pour lui, l’abandon sauvage est pire : il est incompréhensible. L’animal est laissé livré à lui-même, ayant perdu l'intégralité de ses repères, pour des motifs bien souvent triviaux. Motifs qui auraient pu être anticipés avant l’achat ou l’adoption de l’animal. Ce sont dans ces conditions mentales et physiques qu'ils arrivent en refuge, et ils deviennent dans les faits, des Survivants de l’abandon.

Rattraper les dommages de l’abandon sur la psyché et sur la condition physique de certains animaux traumatisés peut prendre des semaines voire des mois. Les équipes professionnelles et bénévoles se battent sans relâche pour venir à bout des traumatismes, par le biais de soins, de tendresse, d’enrichissement. Leur permettre de tisser de nouveaux liens, de nouvelles relations avec leurs congénères comme avec l’Homme. Bien sûr, les animaux ne sont pas tous traumatisés au même degré, et certains passent le cap de l'abandon avec une certaine rapidité. Pour autant, il n'en demeure pas moins vrai que l'abandon aura été pour eux un traumatisme. 

Merci à tous nos partisans et donateurs qui soutiennent ce travail de longue haleine, qui permet aux animaux d’être heureux à nouveau, et de trouver une nouvelle famille.

 

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