Trafic d’animaux : la SPA fait tomber les réseaux

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Le mercredi 25 novembre 2015

Trafic d’animaux : la SPA fait tomber les réseaux

Le trafic d’animaux est le 3eme trafic au monde après le trafic d’armes et le trafic de drogue.

Animaux domestiques et animaux sauvages sont ainsi les victimes de l’avidité des trafiquants, sur un marché où la demande est exponentielle.

Pour nos compagnons à quatre pattes dont la protection est la mission première de la SPA, l’association se bat et enquête depuis plus de 20 ans à travers sa Cellule Anti-Trafic.

 

Les animaux de compagnie : une mine d’or pour les trafiquants

Avec des dépenses annuelles de 4,2 milliards d’euros, les français figurent parmi les plus passionnés d’animaux en Europe. Ils n’hésitent pas à consacrer des sommes significatives à la nourriture, aux soins, accessoires, distractions et assurances diverses pour s’assurer du bien-être de leurs compagnons.

Chiens, chats, oiseaux, poissons, NAC…ils sont plus de 60 millions sur notre territoire, soit presque autant que la population !

Cet engouement n’a pas échappé aux trafiquants qui y voient là une vraie manne pour faire fructifier leurs activités illicites.

 

De l’élevage illégal à la petite annonce sur Internet, le panel d’activités est large

Importés illégalement, principalement des pays d’Europe de l’Est, les animaux sont mis en vente sur internet, dans des élevages déclarés ou non, des animaleries ou sont utilisés à des fins de reproduction.

Élevés très souvent en batterie, sans contrôle sanitaire, les chiots et chatons sont arrachés trop tôt à leurs mères qui sont vouées à la reproduction intensive dans des conditions de vie et d’hygiène insoutenables. Le plus souvent non sevrés, ces animaux trop jeunes peuvent développer des troubles du comportement et des maladies comme la parvovirose, la maladie de Carré ou la toux du chenil.

Sur près de 20 millions de chiens et de chats présents en France, 50 000* entreraient illégalement sur notre territoire chaque année.

 

Depuis plus de 20 ans, la SPA lutte contre le trafic d’animaux

La SPA a créé la Cellule Anti-Trafic (CAT) en 1992, pour mettre un terme à ces souffrances. Chaque année, avec près de 400 signalements de maltraitance et mauvais traitements commis par des professionnels**, la Cellule opère d’importants coups de filets dont certains ont permis de démasquer les plus gros réseaux de trafiquants, mettant fin au calvaire de plusieurs centaines d’animaux.

Grâce à son équipe d’enquêteurs et de juristes, la Cellule mène de véritables enquêtes de terrain, en étroite collaboration avec les autorités publiques (gendarmes, policiers, douaniers, Procureurs…). La CAT investigue pendant des mois voire des années pour amasser les renseignements, témoignages et preuves suffisantes pour faire tomber les filières de trafiquants. Sa mission principale est de combattre le trafic des animaux de compagnie et les enquêteurs peuvent compter sur leurs nombreux informateurs. Elle procède à des recoupements d’informations à la suite de dénonciations de cas de maltraitance dans les structures professionnelles ou la découverte d’activités douteuses sur Internet. Elle traque sans relâche les vendeurs, importateurs et éleveurs menant des activités illégales. Une fois les éléments réunis, la Cellule dépose plainte afin que les bourreaux soient poursuivis et condamnés à des peines dont on peut constater la sévérité accrue au cours de ces dernières années.

Grâce au travail de la CAT, près de 500 animaux par an peuvent être sauvés et mis en sécurité dans les refuges de la SPA pendant toute la durée de la procédure.

 

Les dossiers d’envergure de la CAT

En 2014, la Cellule s’est illustrée lors du démantèlement d’un trafic d’animaux dans les animaleries du quai de la Mégisserie à Paris. De nombreuses plaintes avaient été déposées par des acheteurs et la SPA multipliait depuis une vingtaine d’années les actions et les procédures judiciaires afin que cessent les importations illégales d’animaux et les mauvais traitements qui leur étaient infligés. 

Une saisie a donc été menée le 10 juin 2014 par les équipes de la SPA en collaboration avec la police et les services douaniers. 219 chiens et chats principalement ont été pris en charge par l’association et mis en sécurité dans ses refuges. Ce démantèlement a marqué la fin d’un dossier historique pour la SPA.

Un tout autre dossier vient de connaître son épilogue judiciaire. Il y a quelques années, la Cellule Anti-Trafic a été alertée sur les conditions de vie abominables de 120 chiens appartenant à un éleveur. Enfermés dans un lieu insalubre, les chiens vivaient dans le noir au milieu de leurs excréments. Victimes d’importations illégales en provenance de Belgique et de Slovaquie, les chiens reproducteurs ne bénéficiaient d’aucun soin et un grand nombre de chiots décédaient car trop jeunes et malades.

Résultat : 11 personnes de ce réseau bien connu de la CAT et impliquant des vétérinaires ont été poursuivies. Quant au propriétaire de l’élevage, il a écopé de 6 mois d’emprisonnement avec sursis, 5 000 € d’amende et l’interdiction d’exercer une profession en lien avec le commerce des animaux.

« Les enquêtes prennent beaucoup de temps et il est parfois difficile de remonter à la source. Les réseaux sont extrêmement bien constitués, ce sont de vraies toiles d’araignées. » témoigne Julien Soubiron, responsable de la Cellule Anti-Trafic.

 

Des lois qui évoluent en faveur des animaux

La SPA se félicite de la publication le 8 octobre dernier par le Ministère de l’Agriculture des futures dispositions du Code rural qui imposera dès le 1er janvier 2016, à « toute personne qui veut produire et vendre un chiot ou un chaton, de se déclarer préalablement auprès de la chambre d’agriculture et d’obtenir un numéro SIREN ». Cette mesure permettra d’identifier les particuliers qui se livrent à l’élevage et au commerce sauvage d’animaux domestiques mais aussi de les dissuader de faire faire des portées à leur animal.

 

 

* Source : Brigade Nationale d’Enquêtes Vétérinaires et Phytosanitaires (BNEVP)

** La Cellule Anti-Trafic lutte contre le trafic d’animaux engendré par des professionnels tels que des éleveurs, des animaleries, des pensions… A la différence des Inspecteurs et des Délégués-enquêteurs qui enquêtent sur les cas de maltraitance causés par des particuliers sur leurs animaux de compagnie.

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