Podcast : Maltraitance animale : pourquoi la SPA ne peut pas agir seule ?

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Dans cet épisode des Grandes Balades, Tamara, responsable juridique expertise protection animale à la SPA, nous parle d’un sujet essentiel : la maltraitance animale. On lève le voile dans ce podcast sur les limites d’action de la SPA face à la maltraitance animale, et sur l’importance d’une coopération avec la police, la gendarmerie et les services publics.

Formations, campagnes de sensibilisation, partenariats inédits avec les ministères de l’Intérieur et de l’Agriculture : la SPA agit au quotidien pour donner aux enquêteurs, magistrats et pouvoirs publics les outils nécessaires pour mieux protéger les animaux.

Un épisode pour comprendre pourquoi la lutte contre la maltraitance animale est une affaire collective, et comment chacun (citoyens, associations, forces de l’ordre, magistrats) peut jouer un rôle essentiel pour faire évoluer la condition animale.

De la vigilance citoyenne à la justice : la chaîne d'action

Tout commence souvent par un signalement d’un particulier. Ce dernier prévient une association, comme la SPA, qui envoie ses délégués-enquêteurs bénévoles sur le terrain pour vérifier la situation. Si une infraction est constatée, l’association peut déposer plainte au nom de l’animal, victime directe de la maltraitance. En 2024, la SPA a ainsi traité 21 256 signalements de maltraitance animale et mené 13 921 enquêtes.

Mais contrairement à une idée reçue, « nous n’avons pas de pouvoirs de police », rappelle Tamara. La SPA ne peut ni retirer un animal sans autorisation, ni sanctionner un propriétaire. Ces pouvoirs appartiennent à la police, à la gendarmerie et à la justice. En 2024, 1 414 animaux ont été retirés sous réquisition judiciaire et 1 700 ont été cédés volontairement à la SPA par les propriétaires dans le cadre d’enquêtes de maltraitance menées par l’association.

 

Former les forces de l’ordre et les magistrats pour mieux agir

Depuis la signature d’une convention interministérielle en janvier 2023 entre la SPA, le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’Agriculture, un travail commun est mené pour renforcer la réactivité face aux situations de maltraitance.

Chaque commissariat et brigade de gendarmerie dispose désormais d’un référent protection animale, formé par la SPA. « Nous formons les gendarmes et les policiers à reconnaître la maltraitance, à qualifier les infractions et à agir dans le cadre légal », explique Tamara. Ces formations mêlent apports juridiques, études de cas et sensibilisation aux besoins fondamentaux des animaux.

En 2024, 1 026 agents des forces de l’ordre ont ainsi été formés directement par la SPA, dont 80 formateurs relais de la gendarmerie chargés de transmettre à leur tour ces connaissances à 3 500 enquêteurs spécialisés environnement et référent protection animale au sein de leur brigade.

En parallèle, le ministère de l’Intérieur a créé en 2023 la Division nationale de lutte contre la maltraitance animale (DNLMA), chargée de coordonner les actions entre gendarmerie, police, DDPP et associations.

Au-delà des forces de l’ordre, certains magistrats sollicitent désormais la SPA pour être formés aux procédures et à la qualification juridique des infractions. Une évolution prometteuse pour accélérer les décisions de justice et garantir la protection effective des animaux durant les enquêtes.

 

Une coordination essentielle

Si beaucoup de citoyens pensent que la SPA « peut tout faire », la réalité est plus complexe. Comme l’explique Tamara, « la lutte contre la maltraitance animale est collective. Nous ne pouvons pas agir seuls, car chaque étape dépend d’acteurs différents : particuliers, associations, forces de l’ordre et magistrats. »

La SPA constitue un maillon essentiel du dispositif, de par son expertise en matière de maltraitance animale et son vaste réseau : sans structures d’accueil, aucune saisie d’animaux ne pourrait être effectuée. Malgré cet engagement, les moyens de la SPA sont limités. Comme le rappelle Tamara : « Nos refuges sont saturés. Chaque retrait d’animal nécessite une place, des soins, du personnel. »

La collaboration entre les citoyens, la SPA, les forces de l’ordre et la justice se renforce chaque année. En 2024, la SPA a constaté une hausse de 29 % des sollicitations émanant directement des forces de l’ordre.
Pour Tamara, « la cause animale avance parce que nous travaillons ensemble. Ce n’est plus un sujet marginal, c’est un sujet de société. »

 

Que faire si vous êtes témoin de maltraitance ?

Vous pouvez vous rendre sur la-spa.fr
Vous y trouverez les démarches à suivre pour signaler une situation suspecte. Votre vigilance peut sauver une vie.

 

Ne manquez pas les autres sujets autour des animaux dans l’émission « Les Grandes Balades » du Petcast, le podcast de la SPA.