Les puces du chat : tout ce que vous devez savoir

Avoir des puces, est-ce dangereux pour un chat et pour ses maîtres ? Banals mais pénibles, ces parasites envahissants nuisent au bien-être des animaux de compagnie et des humains qui les côtoient. Outre les démangeaisons intenses dues à leurs piqûres, les puces peuvent avoir d’autres conséquences plus graves sur la santé des chats. Il est donc important d’être vigilant et d’agir rapidement en cas d’infestation (pulicose). Développement, risques, traitements, conseils préventifs : la SPA secoue les puces de cet insecte envahissant !
Comprendre les puces du chat
Qu’est-ce qu’une puce ?
La puce est un petit insecte qui mesure de 2 à 6 millimètres. Elle appartient à la grande famille des ectoparasites, ces parasites externes qui infestent et vivent au dépend d’autres êtres vivants. Cet insecte très commun est hématophage : il est équipé d’un appareil piqueur-suceur qui lui permet de se nourrir du sang de son hôte.
Les puces peuvent infester les mammifères (dont les humains) et certains oiseaux. Elles n’ont pas d’ailes mais peuvent effectuer des bonds de plus de 30 centimètres (jusqu’à 150 fois leur propre longueur !) En se déplaçant facilement d’un hôte à l’autre, elles sont un vecteur potentiel de différentes maladies et leur présence peut déclencher des allergies.
Il existe plus de 2 000 espèces de puces différentes, mais la plus fréquemment rencontrée chez le chat (et le chien) est la ctenocephalide felis.
Cycle de vie des puces
La vie d’une puce se décompose en 4 phases : œuf, larve, nymphe, adulte.
Œuf : Les puces pondent leurs œufs directement dans le pelage de leur hôte ou au niveau de la zone de couchage. Une puce femelle peut pondre jusqu’à 50 œufs par jour pendant environ 2 mois, soit 3 000 œufs. Une fois pondus, ces œufs de forme arrondie, de couleur blanchâtre et non collants ne restent pas dans les poils de l’animal : ils se dispersent un peu partout sur son passage.
Larve : Les œufs éclosent au bout d’une semaine à 10 jours. À l’éclosion, le parasite en devenir est une petite larve d’environ 1,5 millimètre. Fuyant les zones exposées à la lumière (on dit qu’elle est lucifuge) et recherchant un peu d’humidité, elle grandit peu à peu. Elle ne se nourrit pas encore de sang, mais de débris organiques et de déjections de puces adultes.
Nymphe : Juste avant sa métamorphose, la larve se met à l’abri sous une couche de poussières ou de fibres. Elle tisse un cocon dans lequel elle entame sa mue en nymphe dotée de pattes et d’antennes. Cette métamorphose dure en moyenne entre 10 et 20 jours.
Adulte : Une fois sa mue achevée, la nymphe de puce adulte peut rester en diapause dans son cocon quelque temps. En effet, si les conditions extérieures sont défavorables (température, humidité, accès à la nourriture…) la puce adulte demeure immobile plusieurs mois dans son cocon (150 jours environ), en attendant des jours plus propices.
Dès sa sortie du cocon, la puce s’accouple, puis cherche un hôte pour se nourrir et pondre. En l’absence d’hôte, son métabolisme se ralentit. Son organisme peut ainsi supporter un jeûne de plusieurs mois en attendant de trouver son premier repas.
Selon les espèces et les conditions de développement, la durée de vie des puces varie entre une cinquantaine de jours et plusieurs mois.
Comment les puces infestent-elles les chats ?
En attendant de trouver son premier hôte, la puce reste passive. Très sensible à certains stimuli (lumière, chaleur, CO², chocs, vibrations…) elle est capable de détecter le passage d’un humain ou d’un animal à proximité, et saute alors sur son hôte.
Ce comportement explique pourquoi, chez la majorité des chats, la contamination se fait généralement au contact d’autres animaux, ou lors du passage au sein d’un lieu déjà infesté. Ces petits parasites pouvant également se propager grâce aux humains, aux rongeurs et aux oiseaux, les chats d’intérieur peuvent aussi être touchés ! Une fois la présence de puces constatée, il est important d’agir vite et bien pour éviter leur prolifération et s’en débarrasser rapidement.
Les dangers des puces pour les chats
Dermatite allergique aux piqûres de puces (DAPP)
Une pulicose peut entraîner une dermite allergique (DAPP) chez certains chats présentent une hypersensibilité à la salive des puces. Une seule piqûre peut suffire à déclencher cette allergie qui provoque des démangeaisons intenses (prurit), parfois accompagnées de petits boutons rouges. Les léchages et les grattages répétés du chat pour se soulager peuvent entraîner une perte de poils (alopécie) sur certaines zones et des lésions cutanées croûteuses, voire des surinfections bactériennes.
Anémie causée par les puces
Chaque puce adulte n’absorbe que peu de sang chaque jour (1,3 mm3 environ). Le problème, c’est qu’un chat n’a jamais qu’une seule puce… La quantité de sang « prélevé » quotidiennement peut être importante en cas d’infestation massive. Ces piqûres à répétition peuvent entraîner une anémie chez les individus les plus fragiles (chatons, chats âgés ou malades), qu’il convient de surveiller d’encore plus près.
Transmission de maladies par les puces
Comme la plupart des petits parasites hématophages, les puces peuvent transmettre des maladies et parasites intestinaux à leur hôte. Le plus courant est le « ténia du chat », un ver plat nommé dipylidium caninum qui ressemble beaucoup au ver solitaire. Sa présence se traduit par des petits « grains de riz » blancs dans les selles, qui ne sont autres que les anneaux du ver. Les puces abritent les larves de ce parasite intestinal dans leur abdomen, les chats se contaminent par ingestion des puces lors du toilettage très régulier de leur pelage.
Un très grand nombre de puces étant porteuses de ce parasite, l’administration d’un vermifuge est conseillée quelques jours après avoir traité votre chat contre les puces.
Détecter la présence de puces chez votre chat
Signes et symptômes d’une infestation de puces
Halte aux idées reçues : contrairement aux humains, tous les animaux ne se grattent pas forcément lorsqu’ils ont des puces. Une infestation peut même passer totalement inaperçue chez certains individus, c’est pourquoi rien ne remplace l’inspection régulière du pelage de votre chat pour vous assurer que tout va bien.
Si votre animal de compagnie souffre de démangeaisons, se lèche, se gratte plus souvent qu’à l’accoutumée, voire se mordille ; si vous-même observez de petits boutons rouges, des traces de piqûres sur vos pieds, vos chevilles ou vos mollets, il s’agit sans doute d’une pulicose (infestation de puces).
Méthodes pour vérifier la présence de puces
La première chose à faire est d’inspecter minutieusement les poils et l’épiderme de votre animal. N’hésitez pas à vous aider d’un peigne, surtout si son pelage est très fourni, car leur toute petite taille rend les puces difficilement visibles à l’œil nu !
Si elles ne sont pas toujours évidentes à détecter, les puces du chat laissent de petites preuves de leur présence : leurs déjections ! Ces minuscules crottes noires sont généralement présentes en nombre à des endroits bien précis du corps de l’animal : tête, cou, base de l’oreille, arrière-train, intérieur des cuisses. Contrairement à d’autres impuretés plus classiques, ces « grains de sable » minuscules sont composés de sang séché. Il suffit donc de les déposer sur un papier absorbant, puis de les humidifier : s’ils se désagrègent en laissant apparaître des tâches rougeâtres, il s’agit bien de crottes de puces.
Si votre chat ne se laisse pas faire vous pouvez également aller contrôler ses différents lieux de couchage. Généralement un animal qui a des puces va laisser des traces de leurs déjections aux différents endroits qu’il occupe pour ses nombreuses siestes quotidiennes.
Utilisation de peignes anti-puces (ou peignes à dents très rapprochées)
À défaut d’éliminer définitivement les indésirables, le peigne anti-puce permet de les détecter facilement grâce à leurs dents fines et très rapprochées. Cet accessoire s’avère efficace pour débarrasser (momentanément) le pelage de votre animal des puces, mais aussi de leurs déjections. Cette précaution peut vous aider à déceler leur présence et à améliorer le bien-être de votre chat, mais elle ne dispense pas d’un traitement adapté en cas d’infestation ! Durant le traitement, ce peigne peut d’ailleurs vous aider à ôter les puces mortes des poils de votre chat.
Prévention et traitement des puces
Méthodes naturelles pour prévenir les puces
Certaines méthodes naturelles existent pour traiter et prévenir de l’infestation de votre chat par les puces. Ses méthodes sont basées sur l’utilisation d’huiles essentielles et de terre de Diatomée. L’efficacité de ces produits n’a pas fait ses preuves dans la lutte contre ces parasites. De plus, les huiles essentielles sont toxiques pour les chats, il faut donc éviter d’en utiliser dans leur environnement, et la Terre de Diatomée est abrasive et l’inhalation de ses poussières peu affectée les voies respiratoires de votre animal.
Traitements anti-puces disponibles sur le marché
Il existe dans le commerce et en pharmacie un large éventail de produits vétérinaires insecticides et antiparasitaire, à utiliser conjointement en cas d’infestation. Certains sont à pulvériser directement sur l’animal ou sur les zones contaminées, d’autres sont à administrer régulièrement en comprimé ou à appliquer sur le pelage de l’animal (pipettes de solution antiparasitaire). Sans oublier le shampoing antiparasitaire, à utiliser en traitement ou en prévention pour chasser les nuisibles. N’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire pour trouver une solution adaptée à la situation et à votre chat.
Les colliers anti-puces vendus en grandes surfaces sont à déconseillés car leur utilité est discutable et ils sont très odorant ce qui perturbe votre animal. De plus pour un chat qui a accès à l’extérieur, l’utilisation d’un collier non sécuritaire (celui qui ne s’ouvre pas tout seul sous la tension) est à prohiber, il y a des risques d’étranglement ou de blessures très profondes au niveau des aisselles si l’animal se prend dans un grillage, une branche ou tous autre obstacle.
Importance de traiter l’environnement du chat
« Mon chat a des puces malgré les pipettes ! » Ce problème fréquent est directement lié au cycle de vie des puces (cf. plus haut). En effet, on estime que seules les puces adultes (5 %) sont présentes sur le corps du chat et donc visibles lors d’une infestation. Cela signifie que 95% de ces petits parasites ne se trouvent pas sur l’animal mais dans son environnement, sous la forme d’œufs ou de larves. On comprend mieux pourquoi les puces sont si difficiles à éradiquer malgré les traitements locaux et pourquoi il est essentiel de traiter aussi l’ensemble du foyer pour en éliminer toute trace !
Conseils pour une maison sans puces
Nettoyage et désinfection de la maison
Vos premiers alliés pour lutter contre les puces sont l’aspirateur et la serpillière. Aspirer votre intérieur dans ses moindres recoins (entre les lattes de parquet, au niveau des plaintes, autour des pieds des meubles, …) y compris les surfaces textiles (canapé, rideaux, fauteuils, coussins, tapis…) permet d’éliminer les œufs et larves disséminés. Vous pouvez augmenter vos chances de limiter leur prolifération en saupoudrant les textiles de bicarbonate de sodium (un dessicant naturel) quelques heures avant de les aspirer. Les puces survivants longtemps, Il est conseillé de jeter le sac après utilisation et de bien nettoyer la brosse de l’aspirateur ! Après avoir nettoyé les sols, appliquez un spray antiparasitaire ou un fogger insecticide. Les puces ayant tendance à nicher dans les endroits sombres et poussiéreux, rien ne vaut un entretien soigné et régulier de votre intérieur pour prévenir leur apparition.
« Mon chat a des puces et dort sur mon lit » : il est conseillé de traiter votre chat, mais aussi toute la maison, sans oublier les tissus en prenant soin de laver votre linge de lit à 60°C. Dans la mesure du possible, interdisez l’accès à votre chambre à coucher à votre boule de poils le temps que les choses soient rentrées dans l’ordre, pour éviter les réinfestations.
Traitement des autres animaux de compagnie
En cas d’infestation de puces, il est important de souligner que tous les animaux du foyer doivent être traités à l’aide de produits spécifiquement adaptés en même temps. Si vous possédez plusieurs animaux appartenant à des espèces différentes, il est fortement recommandé de prendre conseil auprès d’un vétérinaire. Les traitements antiparasitaires ne sont pas les mêmes pour un chien, un chat, un hamster ou un lapin !
Fréquence des traitements anti-puces
Les puces sont capables de survivre toute l’année, notamment en intérieur. La mise en place d’un traitement routinier est une solution efficace pour parer les infestations. Que ce soit sous forme de pipette à appliquer directement dans le pelage de votre chat, ou de comprimé à administrer par voie orale, la plupart des traitements de fond disponibles s’appliquent une fois par mois environ.



