FAQ Les maladies du chat FIV, leucose et coryza
Les maladies du chat
De nombreux chats atteints de maladies, telles le FIV, la leucose ou le coryza, sont recueillis dans nos refuges et n’attirent malheureusement pas l’œil des futurs adoptants car ces virus font peur. Pourtant, il n’y aucune raison à cela ! Un chat porteur d’une de ces maladies peut tout à fait vivre normalement, et vous apportera autant d’amour qu’un autre chat. Rappelons, contrairement à certaines idées reçues, qu’aucune de ces deux maladies n’est transmissible à l’homme.
Découvrons-en un peu plus sur ces maladies du chat.
Le FIV (virus de l’immunodéficience féline)
Qu’est-ce que le FIV ?
Le Virus de l’Immunodéficience Féline ou FIV (Feline Immunodeficiency Virus, en anglais), aussi appelé Sida du chat, est une maladie virale. Elle est due à un virus qui appartient au groupe des rétrovirus. Cette maladie est responsable d’une immunodéficience qui rend le chat vulnérable aux infections.
Le virus est dépisté grâce à un test sanguin, systématiquement réalisé sur les chats pris en charge dans chaque refuge de la SPA. Lorsqu’un chat est testé « positif », cela ne signifie pas qu’il est malade, mais qu’il est séropositif. Autrement dit, que le virus « sommeille » dans son organisme, où il peut rester silencieux pendant plusieurs années (5 à 10 ans) et peut-être même ne jamais se réveiller.
La contamination se fait par le sang, donc par bagarre ou rapport sexuel avec un chat contaminé. Il n’y a aucun risque de transmission du chat à l’homme, et la maladie n’est pas non plus transmissible aux autres espèces. Elle n’atteint que les chats.
Quelles sont les conséquences pour l’animal ?
Le virus reste latent pendant un temps indéfini, sans aucune conséquence sur la santé du chat. Les chats porteurs du virus peuvent vivre de nombreuses années, voire toute leur vie, sans jamais déclencher la maladie. Rien ne permet d’éviter le déclenchement, le prédire ou le retarder.
Il existe donc deux cas de figure quand vous adopter un chat positif FIV :
– Il ne se passe rien, le chat est asymptomatique et vit normalement pendant un temps indéfini (le FIV n’est pas déclaré),
– Si le FIV se déclenche, le chat perd ses défenses immunitaires : des maladies opportunistes courantes s’invitent dans l’organisme du chat immunodéprimé puisqu’il n’est plus protégé (gingivite, coryza chronique, insuffisance rénale chronique, etc.). Il n’existe aucun traitement pour détruire le virus FIV. La seule possibilité pour améliorer la vie du chat est de traiter les maladies opportunistes au fur et à mesure qu’elles atteignent le chat. Mais, les récidives sont souvent très fréquentes. Et une fois que le virus est « réveillé », le pronostic est malheureusement sombre pour le chat à court ou moyen terme.
Malheureusement, il n’existe aucun vaccin contre le FIV, contrairement au FeLV (leucose). Le seul moyen d’éviter la propagation est donc d’éviter les contacts entre les chats sains et les chats porteurs. Il est recommandé de faire stériliser les chats (mâles ou femelles) qui sortent afin d’éviter les bagarres (et donc les morsures) et la transmission vénérienne du virus.
Vivre avec un chat positif FIV
Il est important de bien protéger un chat positif, en le faisant vacciner chaque année, et en lui donnant une alimentation de bonne qualité qui aidera son corps à mieux se défendre.
Il convient également d’être vigilant quant aux contacts de votre chat positif avec ses congénères. Le virus du FIV se transmet entre chats (et entre chats seulement) par voie sexuelle ou par le sang. Un logement sans extérieur est donc le plus indiqué pour le placement d’un chat positif. Cette vie en milieu protégé lui permettra aussi d’éviter toute contamination par des maladies extérieures. Ce sont donc les meilleurs chats d’appartement !
Adopter un chat positif FIV
L’adoption d’un chat FIV positif entraine une vigilance particulière sur l’état de santé du chat, et peut entraîner des dépenses vétérinaires supplémentaires, dans l’hypothèse que le virus se déclenche.
Souvent rejetés, les chats positifs ignorent tout de leur maladie… Pourtant, ils sont tout aussi gentils et affectueux que les autres ! Les chats positifs ont moins de chance de partir que les autres, puisqu’ils nécessitent des conditions de vie particulière (appartement, isolement des chats sains…) : lorsque vous en adoptez un, vous faites alors un sauvetage et vous donnez sa chance à un animal qui vous le rendra au centuple. Enfin, n’oubliez pas que le virus peut rester latent et certains chats partent alors de leur belle mort…
Le FEV ou leucose féline
Qu’est-ce que la leucose ?
La leucose féline est une maladie virale grave. Elle est due à une infection par le virus leucémogène félin, nommé FeLV.
Le FEV est parfois confondue avec le FIV. Bien qu’il y ait des similitudes entre ces deux maladies, ce sont bien deux maladies distinctes. Il existe un vaccin contre la leucose féline.
Les chats contractent le virus FeLV par l’intermédiaire de la salive, des urines ou du sang de chats atteints de leucose. La contamination se fait donc lors de léchage, griffures, morsures, saillies…
Une transmission transplacentaire du virus est également possible, c’est à dire qu’une chatte gestante atteinte de leucose risque de transmettre le virus à tous ses chatons.
Le virus est peu résistant dans le milieu extérieur, toutefois une contamination indirecte peut parfois avoir lieu.
La période d’incubation de la leucose féline est très variable
– Certains chats sont porteurs du virus mais ne présentent des symptômes que plusieurs années plus tard.
– D’autres peuvent rester porteurs sains et ne jamais déclarer la maladie, mais sont néanmoins capables de transmettre le virus.
– Dans la plupart des cas, un chat qui est porteur du virus FeLV est porteur jusqu’à la fin de sa vie. Il est très rare qu’un chat arrive à “éliminer” le virus.
Quelles sont les conséquences pour l’animal ?
Le virus FeLV entraîne une immunodéficience : le système de défense de l’organisme devient défaillant et incapable de défendre l’animal contre les différents types de maladies (ces chats contractent alors de nombreuses autres pathologies comme la péritonite infectieuse féline, des abcès, des stomatites et gingivites chroniques, une hémobartonellose…)
La leucose féline entraîne souvent des anémies (diminution du nombre de globules rouges), des leucopénies (diminution du nombre de globules blancs).
Elle peut également être à l’origine d’insuffisance rénale chronique, d’avortements et elle peut favoriser le développement de nombreuses tumeurs cancéreuses.
On peut donc rencontrer des symptômes très variés comme de la fièvre, un amaigrissement, un abattement, une baisse d’appétit, des troubles digestifs, respiratoires, une pâleur des muqueuses…
Votre vétérinaire peut diagnostiquer la leucose féline grâce à un test sanguin. Malheureusement, aucun traitement ne permet réellement d’éliminer le virus. Les traitements qui sont proposés permettent une rémission de la maladie ou une amélioration du confort de vie de l’animal. Un traitement avec des injections d’interféron permet souvent une bonne amélioration et une augmentation de l’espérance de vie du chat. En cas de cancer, le traitement est fait au cas par cas. Il peut être chirurgical ou médical selon le type de cancer. Mais quoi qu’il en soit, la prise en charge d’un chat infecté par le FeLV est toujours très délicate et le pronostic est souvent très réservé.
Heureusement, le vaccin contre la leucose féline existe et est efficace ! Avant de faire le vaccin contre la leucose, il est recommandé de faire tester votre chat par votre vétérinaire, afin de savoir s’il est déjà porteur du virus ou non.
La première injection du vaccin contre la leucose féline se fait à l’âge de 8 semaines, et la 2ème injection 3 à 4 semaines après. Ensuite, comme pour les autres vaccins, un rappel annuel est nécessaire afin que l’immunité reste bonne.
Nous vous rappelons que la vaccination peut être commencée même sur un chat adulte qui n’a jamais été vacciné.
Le coryza
Qu’est-ce que le coryza du chat ?
Le coryza du chat est une maladie complexe, car elle n’est pas due à un seul microbe, mais à l’association de plusieurs virus et de bactéries. Trois virus sont impliqués dans le coryza et provoquent chacun des symptômes différents :
1. Un virus de la famille des « Herpes virus » responsable d’une infection du nez et des voies respiratoires. Les symptômes sont : toux, éternuements, importants écoulements au niveau des yeux et du nez, conjonctivite et faiblesse de l’état général (perte d’appétit et fièvre). C’est le virus le plus dangereux. Il peut être mortel chez des animaux affaiblis si l’on ne met pas en place un traitement rapide.
2. Un Calicivirus provoquant lui aussi de la fièvre et de l’abattement, des écoulements oculo-nasaux et surtout des ulcères dans la bouche (plaques rouges très nettes sur la langue ou les gencives). Ces plaies dans la bouche sont douloureuses et provoquent salivation importante et perte d’appétit.
3. Un Réovirus bénin qui provoque quelques larmoiements.
A ces atteintes virales il faut ajouter les bactéries qui très souvent se surajoutent et provoquent des complications chez les chats déjà affaiblis. Le chat présente alors du pus dans les yeux et le nez.
Les principaux symptômes
Cette maladie touche en priorité les animaux vivant en communauté (chatterie, refuge, « famille nombreuse », chats semi-sauvages), les chatons et les adultes non vaccinés.
Après une incubation courte (2 à 5 jours), les signes respiratoires (toux, éternuements), les écoulements des yeux et du nez, la perte d’appétit et parfois les tâches rouges dans la bouche apparaissent, de manière plus ou moins importante selon les animaux.
Si plusieurs chats présentent les mêmes symptômes au même moment, il est fort probable qu’il s’agit du coryza qui est une maladie très contagieuse. La contagion s’effectue, (comme pour la grippe chez l’homme), sans contact direct, par les éternuements ou quand les chats se soufflent dessus.
Un chat guéri du coryza peut rester porteur de longues années, et être à nouveau contagieux à la suite d’évènements tels qu’un stress, une mise-bas ou une autre maladie.
Le traitement et la prévention
Le traitement du coryza passe en général par l’administration d’antibiotiques (en comprimés, en gouttes ou en injections si nécessaire), pour éviter les complications bactériennes. Une aérosolothérapie peut également donner de bons résultats, si le chat se montre coopératif, car il s’agit de lui faire des sortes d’inhalations plusieurs fois par jour pendant 15 minutes ! Des traitements complémentaires à base de L-Lysine, un acide aminé intervenant dans l’immunité anti-virale sont également parfois entrepris.
Pour les cas graves, une hospitalisation est parfois indispensable, afin de réhydrater le chat et de lui administrer une alimentation liquide par sonde.
La meilleure manière de combattre le coryza félin est la vaccination. Le vaccin contre le coryza est actif à la fois contre les Calicivirus, et contre la rhinotrachéite, et l’on y associe de plus en plus souvent un vaccin contre les Chlamydias, bactéries à l’origine de complications. La vaccination se fait en deux injections à un mois d’intervalle, avec un rappel tous les ans.
Cette maladie nécessite une consultation chez le vétérinaire afin qu’un traitement soit rapidement mis en place.

