Vous avez quitté Paris, il y a quelques mois. Quelle était votre motivation pour aller vivre à la campagne ?
Stéphane Bern : Il y a d’abord l’expérience du Covid-19, je me sentais mieux à la campagne, à regarder les saisons passer. C’est une autre vie. J’y suis la majeure partie du temps maintenant et c’est vrai que je m’y sens bien, on écrit mieux, je suis plus concentré. Et je vois que mes chiens sont plus heureux qu’à Paris.
Vous avez vraiment senti un changement de comportement chez vos animaux ?
Ah oui, c’est évident. Ici, ils ont de l’espace pour gambader, ils peuvent bouger, se dépenser. Ils sont beaucoup plus heureux à la campagne. J’ai privilégié le bien-être de mes animaux et ensuite le mien.
Est-ce que vous pourriez nous dire quelques mots sur votre relation avec eux ?
Ils m’apportent beaucoup de bonheur, de joie de vivre. Ils me font rire ! On a notamment un mâle, Scoop, qui est très drôle. Il ne sait pas qu’il est un chien ! Il se prend pour un être humain, il se pend à notre cou et nous fait des bisous. Et puis Mirza, elle, n’est bien que sur mes genoux. Ça complique ma vie mais je peux taper à l’ordinateur avec un chien sur les genoux. Ils sont très amusants, ils apportent beaucoup de vie dans la maison.
Vous avez déclaré que vous pouviez refuser d’aller à un dîner si l’un de vos chiens était malade ; c’est vrai ?
J’ai plutôt tendance à en faire trop que pas assez. Je les emmène très souvent chez le vétérinaire, pour vérifier leur poids, leur santé, tout ! Leur bonheur a pesé dans ma décision de quitter Paris et effectivement ils sont plus heureux désormais. Leur bien-être est primordial pour moi !
C’était le cas déjà avec Virgule, votre première chienne ?
Oh la la ! Cette chienne ! Elle a eu toutes les maladies de la Terre. Elle était très émouvante. Quand elle a perdu la vue, j’ai fait faire toutes les opérations possibles par des spécialistes. Mais ça n’a pas marché… D’ailleurs, quand j’ai parlé de sa maladie à l’éleveur qui me l’a vendue, il m’a proposé de la lui ramener, pour l’échanger ! Comme un objet. Et j’imagine qu’il l’aurait euthanasiée… Je n’ai pas supporté. Mais cela m’a servi de leçon : désormais, je n’achète plus de chiens d’élevage.
Vous êtes très sensible à la cause animale, n’est-ce pas ?
Je ferais n’importe quoi pour mes chiens. Ils sont des membres de ma famille à part entière. Je reste près d’eux, je les soigne, évidemment… J’ai beaucoup de peine lorsqu’une de mes poules meurt ! Et lorsque c’est un de mes chiens (silence)… Par chance, les animaux ne sont plus considérés comme des meubles depuis que la loi a changé, grâce à vous en partie d’ailleurs, en 2015 !

« Les animaux ne sont plus considérés comme des meubles depuis que la loi a changé, grâce à vous en partie d’ailleurs. »
Stéphane Bern, animateur de radio et de télévision, acteur et écrivain
Aujourd’hui, un autre de nos grands combats est celui de la lutte contre l’abandon ; est-ce un sujet sur lequel vous êtes actif ?
Vous savez, l’abandon me choque profondément ! Quand on se souvient de tous ceux qui ont adopté un animal au premier confinement juste pour avoir le droit de sortir, et qui les ont abandonnés ensuite, ça me glace le sang ! Je me dis que pour vous, la SPA, ça doit être un peu décourageant, chaque été, tous ces abandons…
On sait que vous êtes très présent sur les réseaux sociaux. Avez-vous déjà vu des vidéos de maltraitance animale sur les réseaux sociaux ?
Tout le temps et de genres différents ! J’ai notamment travaillé avec L214 quand j’ai vu ce qui a été fait contre l’élevage des poules en batterie. J’ai pris position publiquement contre cela. Je me suis fait détester parce que politiquement c’est très controversé.
Ce qui me choque encore plus ce sont les personnalités publiques qui devraient être exemplaires – je pense à des footballeurs, des instagramers, des influenceurs – et qui donnent un coup de pied à un chien, qui balancent un chat… c’est affreux. Ces gens doivent être condamnés lourdement !
Une question en lien avec votre attachement et votre goût pour l’Histoire :
quel est votre point de vue sur certaines pratiques qui sont justifiées par la tradition et l’Histoire et qui aujourd’hui paraissent cruelles pour les animaux ?
Je suis fermement opposé à la chasse à courre et à la corrida. Comment peut-on prendre du plaisir à épuiser un animal et provoquer une lente agonie… C’est effroyable et barbare. L’Homme doit évoluer !
Je n’aime pas l’argument “c’est une tradition”. Il y a des traditions barbares qui ont été pratiquées depuis la nuit des temps mais à un moment on évolue, la nature humaine peut évoluer vers le progrès et arrêter de faire souffrir les animaux.
J’aime aussi rappeler que les premières associations de protection animale sont nées en Angleterre, notamment grâce à la Reine Victoria au XIXe siècle.
Un petit mot pour conclure ?
Je pense que ceux qui n’aiment pas les animaux n’aiment pas non plus les humains. Comme disait Lamartine : « on n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas. »


