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Un chien blanc tacheté portant un harnais bleu, blotti affectueusement contre un bénévole portant un gilet de la SPA, symbolisant l'attention et les soins apportés aux animaux dans les refuges.
Bilan

21.01.2025

La SPA dresse un bilan 2024 préoccupant sur la situation dans ses refuges

Le bilan de la SPA en 2024 dans ses refuges est marqué par une baisse des adoptions, une tendance qui inquiète fortement l’association. En refuges, en maisons SPA et en dispensaires, l’activité se maintient pourtant à un niveau très élevé, soulignant un nombre d’abandons toujours important et une situation économique précaire pour une partie des Français.

Une baisse des adoptions alarmante

L’année 2024 est marquée par une baisse notable du nombre d’adoptions en refuge. Au total, 39 863 animaux ont été adoptés et ont pu rejoindre une nouvelle famille dans le cadre d’adoptions responsables.

Les chiens sont les plus impactés : -6,4 % d’adoptions par rapport à l’année précédente, soit 11 683 adoptions réalisées. La SPA s’inquiète de cette diminution des adoptions de nos compagnons canins. Cette tendance est le résultat direct de la situation observée ces dernières années en refuge où des chiens, souvent de races « à la mode », nécessitent des connaissances spécifiques et dont l’éducation demande de l’investissement. Les éducateurs canins de la SPA se mobilisent au quotidien pour rééduquer ces chiens et leur donner une nouvelle chance. Ce constat souligne l’importance de l’adoption responsable, et aussi de l’acte militant et engagé qu’est une adoption à la SPA. En accueillant un pensionnaire, on accepte son vécu, son passé, ses besoins, et on s’engage sur le long terme pour l’aider à se reconstruire, dans certains cas par le biais de l’éducation positive.

Cette tendance est accentuée par un contexte économique difficile et incertain, dans lequel le projet d’adopter d’un animal peut être repoussé.

Afin d’encourager les adoptions, la SPA va notamment tester en 2025 dans quelques sites la possibilité pour les adoptants de bénéficier de cours d’éducation canine avec un professionnel, en contrepartie de frais d’adoption plus élevés. L’association a également pris la décision de transférer tous les animaux ayant plus de 12 mois de présence au sein d’un refuge, dans un autre refuge de son réseau, afin de leur donner une nouvelle visibilité. Une démarche qui a déjà montré ses bienfaits.

A noter que les adoptions de chats, en revanche, sont en légère augmentation pour atteindre 25 703 (+2 % par rapport à 2023).

 

2025, une année cruciale sur le front de l’abandon

En parallèle, 43 742 animaux abandonnés ou maltraités ont été pris en charge par les 64 refuges et Maisons SPA : 12 253 chiens, 28 547 chats et 2 942 NAC, animaux de ferme et équidés. Cela représente 2,5% d’animaux recueillis en moins.

En 2025, la SPA va redoubler d’efforts pour accueillir davantage d’animaux, et dans de meilleures conditions, avec pour ambition d’ici 2030 de pouvoir accueillir 50 000 animaux abandonnés. Cela passe bien sûr par l’encouragement à l’adoption afin de libérer de la place pour de nouveaux pensionnaires, mais aussi par l’extension de son réseau et la conduite de travaux dans ses refuges existants pour toujours plus de bien-être. En 2024, le nouveau refuge de Gennevilliers a ouvert ses portes et des chantiers importants ont démarré sur les refuges de Cluses, Maubert-Fontaine et Chamarande. De nombreuses améliorations ont été réalisées comme la rénovation d’une partie des boxes à Briançon, la création de quatre parcs de détente à Chameyrat, ou encore la création d’un chalet pour les chats libres et d’un parc de détente à Poulainville.

Une augmentation des animaux soignés en dispensaire

En 2024, la SPA a soigné 46 970 animaux dans ses dispensaires, soit une hausse conséquente de 3,6%. Cette situation reflète le climat social de 2024, marqué par une forte inflation, dans lequel les propriétaires d’animaux se retrouvent en difficultés pour faire soigner leur animal. De plus, l’activité de certains dispensaires a pu reprendre cette année avec le recrutement de vétérinaires.

Pour mieux répondre aux besoins des personnes en difficulté, la SPA renforcera son réseau en 2025. Un nouveau dispensaire dont les travaux ont débuté en 2024 sera inauguré à Lyon, deux fois plus grand que le précédent. Par ailleurs, la SPA posera la première pierre d’un nouveau dispensaire en Guyane pour agir en Outremer.

 

Face la situation, la SPA a besoin d’aide

Si les associations de protection animale, comme la SPA, se structurent, se réforment et s’améliorent pour accueillir dans de meilleures conditions un nombre croissant d’animaux abandonnés et maltraités, tout en venant en aide aux plus démunis, les forces politiques, elles, ne peuvent rester inactives face aux enjeux de la protection animale.

Aujourd’hui, la SPA compte quasi exclusivement sur la générosité du public pour accomplir sa mission d’utilité publique. Si quelques métropoles et municipalités ont apporté leur soutien à la SPA pour financer son programme immobilier ambitieux – par exemple la région Île-de-France, la région Auvergne-Rhône-Alpes, les villes de Gennevilliers et de Millau – ces initiatives restent isolées. La protection animale a besoin de véritables engagements politiques et financiers sur le long terme.

En parallèle, la SPA continue ses missions de sensibilisation auprès du grand public pour enrayer le fléau de l’abandon et rappeler l’importance de l’adoption responsable. Un réveil collectif est nécessaire face à la notion d’“animal-objet”. Trop souvent encore, l’abandon en refuge s’explique par une méconnaissance des besoins d’un animal et par des achats impulsifs, favorisés par la vente de chiots et de chatons en salons, en foires ou sur internet. Une législation plus stricte et des contrôles renforcés sont indispensables. Sans cela, l’abandon restera une solution de facilité et les animaux en seront toujours les victimes.