Mon chien mange trop vite : tout savoir sur ce comportement problématique

Un grand chien de berger, au pelage blanc et roux-marron, est penché pour manger dans une gamelle métallique posée sur un sol en bois sombre. Le chien a le dos à la lumière vive qui entre par une porte ou une grande fenêtre, créant un fort contre-jour et un halo lumineux sur son pelage blanc. Son corps est partiellement coupé par le cadre, se concentrant sur son action de manger. La scène met en évidence l'importance du bien-être animal domestique et de la nutrition.

« Mon chien mange trop vite ! » Certains chiens sont particulièrement voraces pendant leurs repas. Ils deviennent alors de véritables goinfres, capables d’engloutir le contenu de leur gamelle d’une traite, sans mastiquer, ni même reprendre leur souffle. Il est donc temps de comprendre comment cet appétit excessif appelé polyphagie peut devenir un vilain défaut… D’où vient ce comportement en apparence anodin, que risque un animal glouton et comment y remédier ?

 

Pourquoi mon chien mange-il trop vite ?

Prendre le temps de déguster un repas tranquillement ou le partager avec ses congénères sont des pratiques peu répandues dans le règne animal. Non pas par égoïsme, mais par instinct de survie. Chez les canidés sauvages par exemple, les groupes sociaux s’élaborent en meutes clairement hiérarchisées, avec un l’accès aux ressources est à la fois limité et aléatoire : la concurrence est forcément rude ! Pour être certain d’avoir « sa part du gâteau », mieux vaut manger vite et en grande quantité dès qu’on en a la possibilité. Il s’agit tout bonnement d’un réflexe ancestral.

Cet instinct vorace reste profondément ancré chez nos loulous domestiqués, qui peuvent être sont souvent très possessifs vis-à-vis de leur nourriture. L’esprit de compétition alimentaire apparaît d’ailleurs très tôt, lorsque le chiot doit partager ses repas avec ses frères et soeurs. À l’âge adulte, l’animal peut conserver l’habitude de manger très vite, notamment pour empêcher les autres chiens (ou chats) du foyer de s’approprier tout ou partie de sa gamelle. Chez les animaux ayant connu la faim à un moment donné de leur vie, ce comportement glouton résulte généralement d’une peur de manquer de nourriture.

La gloutonnerie estpeut aussi être une question de pedigree. Un chien goulu appartenant à la race du Labrador, du Beagle ou du Cavalier King Charles n’a rien d’étonnant… D’autres chiens tels que les bouledogues français et anglais, les dogues allemands, les Bassets Hound et les Cockers sont eux aussi réputés pour leur impressionnante capacité à ingurgiter leurs repas en un clin d’oeil.

Cependant, la race ou la survivance d’instincts ancestraux ne sont pas les seuls motifs qui expliquent une telle frénésie alimentaire. Face à un comportement glouton qui se manifeste subitement, il est important de se demander si l’animal ne souffre pas tout simplement de faim (sa ration est insuffisante) ou d’un manque de nutriments (son alimentation est inadaptée à ses besoins nutritionnels, ou de mauvaise qualité).

Le stress a aussi une grande influence sur les habitudes alimentaires d’un chien. L’ennui, le manque d’activité, de stimulation ou d’affection peuvent l’amener à compenser avec « autre chose », en l’occurrence la nourriture, qui peut devenir sa principale source d’intérêt et de motivation.

Enfin, certaines pathologies peuvent entraîner une augmentation de l’appétit : diabète sucré, maladies hormonales… Si votre chien se met à quémander en permanence de la nourriture, ou s’il devient soudainement beaucoup plus avide qu’à l’accoutumée sans avoir modifié son régime, n’hésitez pas à consulter votre vétérinaire afin de tirer les choses au clair !

 

Un comportement à risques

Être un glouton est assez banal pour un chien, mais cette voracité présente des risques pour la santé. Avaler ses aliments tout rond n’est bon pour personne !

Lors d’une prise alimentaire trop rapide, la phase de mastication est généralement absente ou très insuffisante. Cette mécanique a pourtant deux fonctions importantes.

Son premier rôle est de contribuer à l’hygiène bucco-dentaire d’un chien en limitant l’apparition de tartre. Un chien qui ne mâche pas ou peu ses aliments réduit ses chances de conserver longtemps des dents et des gencives saines.

En outre, la mastication est la première étape du processus de digestion : elle permet au bol alimentaire de s’imprégner de salive et d’enzymes. Les aliments parvenant tels quels dans l’estomac sont beaucoup moins digestes, au point de pouvoir entraîner différents troubles gastro-intestinaux : étouffement, régurgitations ou vomissements…

Par ailleurs, manger trop rapidement entraîne une ingestion importante d’air. Un chien qui engloutit ses croquettes trop vite s’expose donc à des crises d’aérophagie accompagnées de symptômes tels que ballonnements, flatulences et/ou douleurs abdominales. Il peut même s’étouffer s’il gobe ses croquettes.

Dans certaines circonstances, manger trop vite peut provoquer une affection grave connue sous le nom de « torsion d estomac » ou Syndrome dilatation-torsion de l’estomac (SDTE). L’apparition de ce syndrome est favorisée par l’ingestion d’un repas trop rapide ou trop copieux, le plus souvent suivi par une activité physique intense. Il s’agit d’une urgence vitale qui nécessite une intervention rapide afin d’éviter une compression des organes vitaux pouvant conduire au décès de l’animal.

 

Comment aider mon chien à manger plus lentement ?

Il existe de nombreuses solutions pour aider votre chien à se comporter différemment en présence de nourriture. Tout d’abord, envisagez la mise en place d’une nouvelle routine alimentaire, mieux adaptée à ses besoins, dans un contexte calme et serein. Si plusieurs chiens ou d’autres animaux de compagnie cohabitent dans votre foyer, il est important que votre petit goulu puisse manger seul, tranquillement et dans sa propre gamelle. Plutôt que de lui proposer un seul repas par jour, vous pouvez fractionner sa ration quotidienne de croquettes en 2 ou 3 petits repas, voire plus, distribués à heure fixe tout au long de la journée.

Différentes astuces et accessoires peuvent également contribuer à l’éducation (ou la rééducation) alimentaire de votre animal.

Laissez de côté le bol ou la gamelle classique : investir dans une gamelle anti-glouton est une solution qui peut porter ses fruits en l’obligeant à manger plus lentement. Il existe de nombreux modèles de gamelles conçus de manière à ralentir le rythme d’ingestion d’un chien. Équipées d’un plot central, de picots ou de rainures, elles empêchent le chien d’avaler toutes ses croquettes d’un seul coup.

Un jouet distributeur de friandises (balle, Kong…) permettra à votre compagnon d’assouvir ses pulsions gourmandes. Le casse-tête canin parfait pour tromper l’ennui, puisque l’objectif est de manipuler l’objet afin de pouvoir extirper la nourriture qu’il contient.

En appliquant une ou plusieurs de ces solutions, votre petit gourmand devrait vite (re)trouver un rythme de dégustation raisonnable. Si nécessaire, n’hésitez pas à faire appel à un professionnel de santé ou d’éducation canine (vétérinaire, comportementaliste…). Remplacer une mauvaise habitude par une bonne demande de la disponibilité, du temps et de la volonté, mais avec de la patience tout est possible !

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