Comment bien caresser son chien ?

Un chien noir et blanc qui se fait caresser, il ouvre la gueule et semble beaucoup apprécier

Caresser un chien est un geste positif qui part toujours d’un bon sentiment. Dans nos esprits, une caresse est synonyme de tendresse, de réconfort et d’apaisement. Qu’en est-il de nos amis canins ? Comment faire de chaque séance de câlins un moment de bonheur partagé avec son petit compagnon ? Voici le guide ultime pour bien caresser son chien, avec pour maître-mot le respect.

 

Les chiens sont-ils fans de caresses ?

La réponse est nuancée : beaucoup les apprécient, mais pas tous ! Tout comme nous, les chiens ont une personnalité plus ou moins « tactile » et aucun chien ne ressemble à un autre. Les plus sociables n’hésitent pas à réclamer des caresses et sont parfois de vrais « pots de colle » avec l’ensemble de leur entourage. D’autres sont prêts à tout pour échapper à ce doux supplice qui leur est parfaitement insupportable. Entre les deux, il y a tous ceux qui apprécient les papouilles de certaines personnes, sans pour autant les accepter de n’importe qui, et ceux qui supportent les caresses avec résignation, pour faire plaisir à leur maître.

Vous l’avez compris, tout dépend du contexte, mais aussi de l’éducation du chien et de son vécu. Ces facteurs varient bien évidemment selon les individus, et ils ont une influence déterminante sur leur façon d’appréhender le contact physique. C’est pourquoi il ne faut jamais imposer une caresse à un chien, à plus forte raison lorsqu’on ne le connaît pas. Et apprendre très tôt aux enfants à ne pas aborder tous les chiens qu’ils croisent, même si l’envie est immense !

Les chiens et le contact physique

Pour comprendre comment nos boules de poils perçoivent nos caresses, il faut se pencher sur leur mode de vie. Le chien est un animal social au comportement grégaire : son instinct le pousse à vivre en meute. Les interactions physiques avec ses congénères sont donc très naturelles, bien codifiées et transmises dès le plus jeune âge. Il faut dire que les contacts physiques chez les chiens ont un rôle utilitaire. Ils contribuent à leur santé en les aidant à prendre soin les uns des autres (hygiène, chaleur…) et leur servent à communiquer entre eux. Comme chez la plupart des mammifères, les rapprochements et les gestes tendres stimulent également leur production d’ocytocine, l’hormone de l’amour, de la confiance et de l’attachement qui favorise, entre autres, le lien mère-enfant.

En revanche, le contact physique avec les humains ne fait pas partie des codes canins innés, y compris lorsqu’il s’agit de caresses ! Il faut donc les y habituer en douceur, idéalement dès leur plus jeune âge, avec patience et respect. Ils pourront ainsi se familiariser progressivement avec ces démonstrations d’affection typiquement humaines et auront plus de chances de les apprécier en grandissant, voire de les associer à une forme de récompense.

Pour vaincre ses éventuelles réticences, n’hésitez pas à le récompenser avec une friandise à chaque fois qu’il accepte vos caresses. A contrario, les caresses peuvent aussi jouer le rôle de récompense. Pour certains chiens, une caresse de leur maître a même plus de valeur qu’une friandise ! Et côté humain, la science a prouvé que le contact avec un animal de compagnie faisait aussi grimper en flèche le taux d’ocytocine de son maître. Finalement, tout le monde y gagne !

Comprendre les signaux non-verbaux

Cela peut sembler logique, mais il est toujours bon de rappeler qu’il vaut mieux prendre quelques précautions lorsqu’on souhaite aller au-devant d’un chien pour le caresser. Les présentations sont fortement conseillées, surtout dans le cadre d’une première rencontre. Cette prise de contact permet d’observer le comportement de l’animal, en faisant attention aux signaux positifs ou négatifs. Elle permet de partir sur de bonnes bases avant de présenter votre main pour le toucher (ou de refréner votre envie de le caresser !)

  • Les principaux signes de bien-être chez le chien

Bien que la parole leur manque, nos amis canins expriment leur ressenti grâce à des signaux précis. Il est important de rester attentif à ce langage non-verbal. La queue d’un chien, par exemple, donne des indices précis sur son bien-être et son état émotionnel. S’il vient renifler vos mains, vos jambes et vos pieds, c’est bon signe, surtout s’il frétille de l’arrière-train ! Le fait qu’il remue joyeusement la queue de gauche à droite, ou en moulinet façon hélicoptère exprime son bonheur. Il est vraisemblablement heureux, en confiance et disposé à recevoir des caresses. Des pupilles dilatées, un regard curieux et attentif témoignent également de son envie de vous connaître.

  • Les signes de malaise

Le langage d’un chien étant avant tout corporel, il lui est impossible de cacher son malaise. Savoir décrypter ses attitudes et ses réactions vous permettra de vous arrêter dans votre élan, si nécessaire. Son regard est fuyant, il préfère s’esquiver plutôt que de s’approcher ? Inutile d’insister, il n’a pas envie qu’on l’aborde.

Certains signes ne trompent pas. Un chien n’est pas à l’aise lorsque :

  • il bâille, se lèche les babines,
  • il détourne son regard du vôtre,
  • il semble tendu, raide et crispé,
  • il retrousse les babines pour monter ses crocs, même si ce n’est pas de façon agressive,
  • il grogne.

De la même façon, un chien qui montre son ventre n’est pas systématiquement en demande de caresses. Lorsqu’un chien se sent « agressé », cette posture n’affiche pas son bien-être. Au contraire, elle est un signal d’apaisement afin qu’on le laisse tranquille.

 

Comment caresser votre chien ?

Le lien qui unit un maître à son animal fait qu’il est beaucoup plus facile de caresser spontanément son petit compagnon qu’un individu lambda. Pour autant, demander l’avis du chien est un conseil qui vaut aussi avec votre propre chien, même s’il est d’une gentillesse infinie et qu’il vous aime de tout son cœur. Lui aussi a le droit, par moment, de ne pas avoir envie d’être câliné, simplement parce qu’il préfère qu’on le laisse tranquille !

Demander son autorisation

À la base de toute relation saine, il y a le respect de l’autre. Cette consigne s’applique aussi à nos amis les chiens ! Vous avez observé son attitude globale, les signaux sont au vert : il est temps de lui demander son autorisation avant de le caresser. Comment ? En présentant calmement votre main à hauteur de son poitrail (jamais au-dessus de sa tête), de préférence à plat, la paume vers le haut. Il n’y a plus qu’à observer sa réaction.

Oui ou non ?

Votre petit compagnon s’approche spontanément, renifle votre main ou mieux, vient frotter sa tête contre elle ? Vous avez son accord, et même son encouragement. Cette attitude a valeur d’autorisation.

S’il recule, s’éloigne ou détourne le regard, c’est non. Du moins pour l’instant. Vous pouvez essayer de vous accroupir pour faciliter le contact mais quoi qu’il en soit, laissez-le venir à vous progressivement, étapes par étapes, et ne forcez jamais les choses.

La plupart des chiens sont si expressifs qu’il suffit généralement de se fier à son propre instinct pour « sentir » s’ils acceptent d’être caressés ou non. Faites-vous confiance !

Le chien face à un inconnu

Quel accueil réserveriez-vous à un parfait inconnu déterminé à vous serrer dans ses bras ? Il en est de même chez les chiens qui sont confrontés à ce type de situation ! Au départ, tout humain est un étranger pour un chien. Cet être vivant ne fait pas partie de sa sphère, ne partage pas ses « codes sociaux » et en plus, il appartient à une espèce différente… Il est donc compréhensible qu’un animal éprouve de la réticence ou fasse preuve d’hostilité envers des personnes un peu trop entreprenantes. Entrer en contact physique de manière frontale avec lui peut être perçu comme une agression potentielle, même si vous avez les meilleures intentions du monde.

Quelles parties du corps caresser ?

Les chiens ont tous leurs préférences en ce qui concerne les caresses. Certaines zones sont OK, d’autres pas du tout ! Pour le reste, à chacun sa façon : grattouilles, frictions, massage agréable, effleurements ou pétrissage… Par exemple, les chiens apprécient généralement les tapotements affectueux sur leurs épaules ou leurs flancs, mais pour le reste du corps, ils préfèrent largement bénéficier de gratouilles ou de caresses. L’essentiel est d’adapter le geste à la sensibilité de votre animal, qui ne manquera pas d’exprimer son bien-être en se relaxant complètement si cela lui convient !

Les zones OK

  • Sous le menton,
  • Sur le poitrail (thorax),
  • À l’arrière du cou, entre les omoplates (nuque),
  • Épaules,
  • Flancs,
  • Bas du dos (croupe).

Les zones pas OK

  • La tête, plus précisément le sommet du crâne. De manière générale, un chien n’aime pas être abordé par le haut de sa tête, un geste qu’il considère comme une agression.
  • Les oreilles (en cas de douleur à l’oreille les chiens peuvent réagir assez fortement)
  • Truffe
  • Pattes
  • Queue

 

Les mauvaises pratiques

Les gestes à bannir

Bien évidemment, tout geste brutal est interdit, même pour jouer. Le temps des caresses doit rester un temps d’échange et de complicité, avec un chien totalement en confiance ! Il est important d’apprendre aux enfants à caresser en douceur, sans brusquerie.

Certains gestes sont proscrits, tout simplement parce qu’ils sont très désagréables pour le chien ou qu’ils perturbent sa perception du monde qui l’entoure. Il ne faut ainsi jamais taper sur le dessus de son crâne, ni toucher ou souffler sur ses babines, sa truffe, ses yeux et ses moustaches, des organes sensoriels essentiels pour le chien.

De plus, un chien déteste avoir l’impression d’être « coincé » sans pouvoir se déplacer, ce que l’on peut comprendre aisément. Il vaut donc mieux éviter d’agripper sa patte (ou n’importe quelle autre partie de son corps) pour ne pas lui faire mal et provoquer une réaction de défense bien légitime.

Dans tous les cas, si le chien prend de la distance nous devons le laisser tranquille et ne pas le poursuivre. Cet apprentissage doit aussi être fait auprès des enfants afin que le chien puisse s’éloigner de nous lorsqu’il n’a pas envie d’interaction.

Les mauvais moments, les mauvais endroits

Gare à l’effet de surprise qui peut provoquer des réactions imprévisibles ! Personne n’aime être réveillé brusquement en plein sommeil, ni interrompu pendant son repas. C’est pourquoi on ne caresse jamais un chien assoupi dans sa corbeille, ni quand il est en train de se nourrir. Ces espaces doivent rester des « safe places » dans lesquelles votre animal se sent en sécurité. Pour le câliner, préférez d’autres endroits que sa corbeille ou son coin repas !

Par ailleurs, ne caressez pas votre animal lorsqu’il est en train de sauter joyeusement sur vous. Vous risqueriez de l’encourager à continuer.

 

Questions / réponses

Pourquoi les chiens aiment qu’on leur gratte le bas du dos ?

Parce qu’il a du mal à atteindre avec ses propres pattes cette zone fréquemment sujette aux démangeaisons et à l’inconfort (accumulation de poils morts, saletés). De plus, cette partie du corps d’un chien est dotée de nombreuses terminaisons nerveuses, ce qui la rend très sensible aux caresses !

Où toucher un chien pour le calmer ?

La poitrine et les épaules sont des zones de caresses très appréciées par le chien, les plus à même de favoriser son apaisement.

Pourquoi les chiens aiment qu’on leur gratte le ventre ?

D’une part, ce geste leur rappelle leur mère qui prenait soin d’eux en les aidant à faire leur toilette lorsqu’ils étaient de jeunes chiots. De plus, exposer son ventre est une position qui rend un chien particulièrement vulnérable. Il ne le fait donc que s’il est en confiance absolue ! Tous les chiens n’aiment pas forcément ses caresses, encore une fois, chaque individu aura ses préférences et il faut apprendre à les respecter.

Pourquoi mon chien demande tout le temps des câlins ?

Un chien excessivement câlin, c’est très agréable, mais ce n’est pas forcément le signe qu’il est bien dans ses pattes. Une demande constante de caresses est un comportement qui s’associe souvent à une dépendance affective. Si elle apparaît brutalement, elle peut provenir d’un stress, d’un sentiment d’insécurité, d’un problème de santé… La limite entre un comportement « normal » et « pathologique » étant toujours plus simple à définir par un professionnel, n’hésitez pas à consulter votre vétérinaire ou un comportementaliste animalier.

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