Comprendre les flatulences chez le chat

Admettons le : un chat qui pète, c’est plutôt amusant. Si ce phénomène naturel prête bien évidemment à sourire, les flatulences chez le chat n’en sont pas moins préoccupantes dans certains cas. Trop fréquentes ou accompagnées d’autres symptômes, elles peuvent indiquer un problème de santé sous-jacent. Comprendre les flatulences félines est le meilleur moyen de savoir quand les prendre à la légère et quand s’inquiéter.

 

Les causes des flatulences chez le chat

Digestion du chat et flatulences

Un chat qui pète, c’est normal. Au quotidien et dans un contexte banal, un pet de chat est parfois sonore, mais il ne sent pas grand-chose et ne donne aucune raison de s’alarmer.

Le responsable de ces bruits inopportuns se nomme microbiote, un nom qui ne vous est sans doute pas inconnu. En effet, le mécanisme à l’œuvre dans la digestion d’un matou très similaire à celui des humains. Son tube digestif abrite une flore microbienne riche et diversifiée, essentiellement composée de bactéries. Ces « bons microbes » se chargent d’une grande partie de la dégradation des aliments ingérés par le chat, afin de faciliter leur assimilation par l’organisme. Durant le processus de digestion, ils produisent des déchets et des gaz, qui cheminent dans le tube digestif pour finir par être expulsés par l’anus du chat.

Les pets de chats correspondent donc à un phénomène normal et bénin, mais plusieurs facteurs peuvent avoir une influence directe sur l’équilibre du microbiote des félins, et donc la fréquence et l’odeur de ces pets. Il s’agit alors d’identifier la cause des flatulences pour pouvoir y remédier.

Alimentation inadaptée

Comme on peut s’en douter, l’une des causes principales des flatulences du chat est la nourriture. Un simple changement de marque de croquettes, ou une alimentation inadaptée, c’est-à-dire composée d’ingrédients de mauvaise qualité ou mal équilibrée, entraînent souvent une digestion difficile et une accumulation de gaz dans les intestins.

À l’origine de ces problèmes de transit, on retrouve des produits trop sucrés, trop gras, des croquettes bas de gamme composées de sous-produits de viande, ou des repas trop riches en fibres et susceptibles de fermenter.

On le rappelle, il est important de ne pas donner de restes de table à son animal de compagnie, et de l’empêcher de pouvoir accéder au contenu de la poubelle. En prenant ces précautions, vous vous assurez que Minou bénéficie uniquement d’une nourriture parfaitement compatible avec ses besoins.

Intolérances alimentaires

Nos boules de poils peuvent aussi souffrir d’intolérance alimentaire et très mal digérer certains types d’aliments. Très fréquente chez les chats, l’intolérance au lactose est la plus connue, mais pas la seule. Nos petits félins sont parfois « allergiques » aux protéines de certaines céréales (soja, maïs, blé…) ou à d’autres beaucoup plus inattendues, notamment certaines protéines animales présentes dans la viande de bœuf ou de poulet.

Ces sensibilités peuvent apparaître à tout âge dans la vie d’un chat. Elles se manifestent par des ennuis digestifs soudains (vomissements, diarrhées, douleur abdominale…) mais peuvent aussi entraîner d’autres types de réactions allergiques telles qu’un prurit, ou des problèmes respiratoires.

Parasites

Le parasitisme digestif peut être responsable des flatulences chez le chat. Il s’agit souvent d’une infestation de vers (ankylostomes, ascaris ou ténias) qui perturbent l’équilibre de la flore bactérienne et favorisent la production de gaz intestinaux.

Un chat infesté manifeste généralement plusieurs symptômes associés : perte de poids, diarrhée, présence d’anneaux dans les selles, pelage terne, abdomen gonflé… Un traitement antiparasitaire régulier est essentiel pour prévenir et éliminer ces parasites très courants.

Stress et anxiété

Le stress et l’anxiété peuvent avoir un impact direct sur le système digestif des félins. Nos boules de poils étant facilement sujettes au stress, Il n’est pas rare qu’un chat angoissé souffre d’un problème intestinal, notamment de flatulences un peu trop fréquentes. Un changement d’environnement, l’adoption d’un nouvel animal, des travaux dans la maison… toute modification dans la routine quotidienne d’un chat peut perturber son équilibre digestif.

En outre, certains chats ont tendance à manger trop rapidement lorsqu’ils sont inquiets. Ces repas pris à la va-vite favorisent l’ingestion d’air et peuvent provoquer des ballonnements. Le chat pète alors beaucoup plus souvent que d’ordinaire pour libérer ces gaz inconfortables. Face à cette situation, il est important d’identifier rapidement la source du stress et d’y remédier pour que votre chat puisse retrouver une vie plus sereine.

Problèmes digestifs

Les flatulences chroniques peuvent être le symptôme d’une pathologie digestive sous-jacente. En effet, plusieurs troubles peuvent empêcher la bonne digestion des aliments et entraîner une fermentation excessive dans les intestins.

Différentes affections peuvent être à l’origine de ces pets intempestifs : maladies inflammatoires de l’intestin, infections digestives, insuffisance pancréatique… Si les flatulences de votre chat persistent malgré vos efforts, une visite chez le vétérinaire est conseillée, voire indispensable si cet inconfort s’accompagne de diarrhées chroniques, de vomissements, d’une altération de l’état général ou d’une perte de poids.

 

Quand s’inquiéter des flatulences de son chat ?

Lorsqu’il s’agit d’un symptôme isolé, les flatulences intempestives de nos boules de poils sont généralement bénignes. Elles cessent souvent très vite et spontanément. Dans le cas contraire, il est assez facile d’y remédier, une fois la source du problème identifiée. Un chat qui pète court donc a priori peu de risques. Néanmoins, ce phénomène ne doit pas être négligé si d’autres signes apparaissent. Nos petits félins étant à la fois très résistants à la douleur et particulièrement doués pour masquer leur inconfort, il est essentiel de rester attentif à tout changement de comportement, notamment d’un point de vue alimentaire et digestif.

Signes de troubles digestifs graves

Des diarrhées fréquentes, des vomissements à répétition, un amaigrissement soudain ou une léthargie inhabituelle indiquent des ennuis digestifs sévères. Face à l’apparition brutale de l’un ou l’autre de ces troubles, une consultation vétérinaire s’impose.

Autres symptômes à surveiller

En tant que maître, il est important de s’alerter si votre chat présente certains signes caractéristiques :

  • Abdomen gonflé ou douloureux,
  • Perte d’appétit,
  • Pelage terne ou en mauvais état,
  • Selles anormales (très molles ou au contraire très dures, présentant des traces de sang ou de mucus…)

L’apparition d’un ou plusieurs de ces symptômes nécessite un diagnostic vétérinaire rapide et approfondi.

 

Solutions pour réduire les flatulences chez le chat

Adapter l’alimentation

L’alimentation jouant un rôle-clé dans la prévention des troubles digestifs, il est recommandé de prendre certaines précautions concernant la nourriture que vous proposez à votre boule de poils.

  • Il est essentiel de bannir les croquettes de mauvaise qualité contenant trop de céréales, afin de privilégier une alimentation riche en protéines animales de qualité et faible en glucides. Vous éviterez ainsi les aliments contenant des sous produits et des additifs artificiels.
  • Si vous soupçonnez une intolérance alimentaire chez votre chat, il est important de vérifier la digestibilité des aliments proposés et d’éviter les sources de protéines mal tolérées. Pour déterminer d’où vient ce problème intestinal, la bonne solution consiste à mettre en place un régime d’exclusion temporaire afin de pouvoir identifier le coupable, idéalement sous la supervision d’un vétérinaire. Ce diagnostic permet ensuite de passer à une alimentation hypoallergénique, ou à base d’ingrédients limités, adaptés à la sensibilité de votre chat.
  • Il est également possible de recourir au charbon actif (sur avis vétérinaire) pour faciliter la digestion, ou à des probiotiques, qui permettent de favoriser le développement de bactéries afin de booster la flore intestinale de votre chat.

Introduire les nouveaux aliments progressivement

Pour éviter de chambouler le système digestif d’un chat, mieux vaut modifier progressivement son alimentation, et ce même si cette nouveauté lui plaît beaucoup ! Changer de croquettes, par exemple, ne se fait pas du jour au lendemain, mais plutôt sur une période de quinze jours. Il est ainsi conseillé de mélanger une petite quantité du nouvel aliment avec l’ancien, et de faire évoluer les proportions en les inversant progressivement. Selon les réactions de votre chat, il sera peut-être nécessaire de réajuster le dosage en cours de route, jusqu’à ce que l’organisme de votre protégé soit parfaitement habitué à cette nouvelle recette.

Encourager une alimentation lente

Nous l’avons vu plus haut, les chats qui mangent trop vite peuvent souffrir d’aérophagie. Si votre compagnon est du genre goulu, évitez à tout prix de le laisser accéder à sa nourriture en libre-service. N’hésitez pas à mettre en place quelques astuces pour ralentir le rythme de ses repas. L’utilisation d’une gamelle anti-glouton ou le fractionnement de sa ration quotidienne en petites portions tout au long de la journée sont des méthodes qui méritent d’être testées !

Consulter un vétérinaire

Si le problème persiste malgré vos efforts d’ajustement alimentaire, ou si vous constatez d’autres symptômes, il est toujours préférable de prendre rendez-vous avec un vétérinaire. Si nécessaire, il pourra procéder à des examens complémentaires, prescrire un traitement adapté ou tout simplement vous donner des conseils hygiéno-diététiques afin d’améliorer le bien-être de votre animal.

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