Comment savoir si mon chat est trop gros ?
Prévenir et lutter contre le surpoids des félins 

Un gros chat gris et blanc.

Nos félins de compagnie ne sont pas à l’abri de l’obésité : en France, environ un chat sur trois est « trop gros » et cette tendance ne va pas en s’améliorant ! Cette surcharge pondérale doit être prise au sérieux car elle a des impacts significatifs sur la santé et le bien-être d’un animal. Heureusement, il existe des solutions pour aider un chat gros à retrouver son poids de forme. Comment sait-on qu’un chat est en surpoids et comment l’aider ?

 

Déterminer si son chat est en surpoids

La plupart des maîtres admettent volontiers que leur animal est dodu, rondouillard ou grassouillet. Derrière cette constatation affectueuse, il y a souvent une réalité moins sympathique et plus difficile à accepter : l’embonpoint d’un chat n’est jamais un signe de bonne santé physique et mentale ! C’est pourquoi il est important de savoir reconnaître un chat gros ou obèse, afin de prendre les choses en main dans son intérêt.

Les signes physiques

  • Son apparence générale

Chez un chat, l’excès de poids ne saute pas forcément aux yeux. Un chat gros n’a pas systématiquement le ventre qui pendouille ! L’observation de la morphologie est une première approche en cas de doute. En effet, certaines caractéristiques physiques permettent de déceler facilement une surcharge pondérale chez nos amis félins.

Vue de dessus, la taille d’un chat en pleine forme est naturellement fine et marquée. Elle est plus étroite au niveau des hanches qui doivent rester bien visibles. Ses flancs ne sont pas rebondis, mais plutôt creusés. Une simple palpation de sa cage thoracique, les mains posées à plat sur ses côtes sans exercer de pression, permet de se faire une meilleure idée. Si vous devinez à peine ses côtes, ou qu’une couche de graisse vous empêche de les sentir, il est fort probable que votre félin soit en surpoids. La cage thoracique et l’abdomen doivent être bien délimités par la taille. Pour les chats à poils long, ou mi-long, il est bien moins aisé de se faire une idée sur le simple visuel, il faut bien palper son chat. En cas de doute ou pour confirmer un état de surpoids, il est toujours important de se référer à un professionnel de la santé animale (vétérinaire ou ASV).

  • Son activité

L’activité de votre félin est corrélée à son âge ainsi qu’à son état de santé. Si votre animal ne présente pas de soucis de santé pouvant altérer son activité (douleurs articulaires, pathologies cardiaques, troubles endocriniens, etc), un manque de dynamisme peut être synonyme de surcharge pondérale. Certaines activités vont être plus difficilement exécutées : comme la toilette et le saut, il va également se montrer moins endurant et agile.

Les comportements alimentaires

Le maître d’un chat rondelet doit également vérifier si son animal ne mange pas trop, trop vite ou si son alimentation est adaptée. La façon dont un félin se nourrit est bien évidemment la première chose à surveiller dans le cadre d’une surcharge pondérale.

Le comportement alimentaire normal d’un chat est déterminé par son statut de prédateur : effectivement, il va manger entre 15 et 20 petits repas par jour.

Certains facteurs peuvent transformer ce rythme alimentaire et induire de la polyphagie : problème de santé, aliment peu riche et pas adapté, manque d’activité, ennui et anxiété.

Parfois l’aliment proposé peut être trop riche par rapport au contexte de vie de l’animal : un chat vivant dans un petit appartement et ne disposant pas de sortie en extérieur va dépenser moins de calories qu’un animal vivant en maison et ayant accès à l’extérieur de façon continue.

Au contraire les aliments de mauvaise qualité et peu adaptés au contexte de vie du chat peuvent entrainer une surconsommation de nourriture et donc rentrer dans un cercle vicieux.

Il ne faut pas négliger l’ennui d’un chat notamment lorsqu’il vit dans espace restreint sans possibilité de sortie à l’extérieur : afin de compenser ce manque d’activité, le chat va manger. Il est donc très important d’enrichir un maximum l’espace de vie de nos petits félins et ne pas hésiter à demander conseil à des professionnels de la santé animale.

 

Le poids

  • Surpoids ou obésité, quelle différence ?

Un chat est en surpoids dès qu’il pèse 10 à 19 % de plus que son poids idéal. Il est considéré comme obèse lorsque son poids est supérieur de 20 % à son poids de forme.

La pesée donne une indication précieuse sur la santé d’un chat, mais cette info doit être interprétée avec soin, au cas par cas. Il existe de nombreuses races de chats, chacune ayant ses propres caractéristiques, son type de gabarit et donc sa fourchette de poids moyen. Par exemple, le Chausie, l’une des plus grandes races de chats au monde, pèse en moyenne entre 6 kg et 12 kg. Difficile de le comparer avec un chat Singapura de 3 kg en pleine santé malgré son poids léger…

Il est par conséquent impossible de définir un « poids idéal » commun à l’ensemble des félins. Avant de mettre son chat sur la balance, il est conseillé de se renseigner sur les poids qui correspondent spécifiquement à sa race, son âge et sa taille avant de tirer une conclusion ! Il est également important de demander conseil à son vétérinaire et de faire un point avec lui lors d’une consultation vaccinale par exemple.

  • Les grands gabarits, prédisposés à l’obésité ?

Sans surprise, les plus grandes races de félins domestiques sont aussi les plus lourdes. Parmi ces géants aux mensurations respectables, on retrouve notamment une race de gros chat très populaire, le Maine Coon. Le Savannah, le Ragdoll, le British Shorthair, le Norvégien ou chat des forêts norvégiennes, le Bengal et le Highlander sont eux aussi de grands et gros chats. Pour un individu issu de l’une de ces races massives, peser entre 8 et 10 kg est tout à fait normal.

Cependant, certains de ces grands félins sont à surveiller particulièrement en raison de leur prédisposition naturelle à l’obésité. C’est par exemple le cas des races Maine Coon, Norvégien, Ragamuffin et British Shorthair. Le Manx, le Persan, les Burmese, l’Européen et le chat de gouttière sont de plus petite taille, mais sujets eux aussi à la prise de poids.

Il faut toutefois garder à l’esprit que différents facteurs peuvent favoriser l’obésité chez le chat. En réalité, aucune race de matou n’est véritablement à l’abri d’un embonpoint dû à l’alimentation, au mode de vie ou à l’état de santé. Pas même les races longilignes dites « orientales » telles que le Siamois ou le Balinais, réputés pour être naturellement sveltes.

Le titre du « chat le plus gros du monde » a quant à lui disparu en 1998. Le Guiness Book a en effet supprimé cette catégorie de son palmarès pour éviter à de malheureux matous d’être « engraissés » volontairement par des propriétaires peu scrupuleux.

 

Pourquoi mon chat est-il trop gros ?

Trop de nourriture ?

Comme nous l’avons évoqué précédemment, la prise de poids d’un chat résulte fréquemment d’une suralimentation ou d’une alimentation trop riche et d’un nombre trop élevé de calories par rapport à ses besoins énergétiques. Il fait être également vigilent quant à la distribution de friandise et à son excès.

Trop peu d’exercice ?

Un mode de vie sédentaire, le manque de stimulation, l’ennui et l’absence de jeux réguliers figurent parmi les raisons les plus courantes de l’obésité chez le chat. Ces pistes ne doivent pas être négligées face à un chat d’appartement ou un matou vieillissant.

Un problème de santé ?

  • Dysfonctionnement systémique

Plusieurs pathologies peuvent entraîner une prise de poids chez le chat. Le diabète félin, l’hyperthyroïdie et différents troubles métaboliques peuvent par exemple être à l’origine d’une polyphagie.

L’obésité ou le surpoids peuvent également déclencher des problèmes de santé comme du diabète. 

  • Et la stérilisation ?

La stérilisation est aujourd’hui un acte sûr et maîtrisé qui ne présente quasiment aucun risque pour un animal, mais cette intervention entraîne un changement métabolique permanent susceptible de favoriser la prise de poids. Rassurez-vous, tous les chats ne deviennent pas obèses après leur stérilisation.

Cependant, pour éviter que votre petit félin ne grossisse une fois stérilisé, il est important d’adapter ses apports nutritionnels à ses nouveaux besoins énergétiques. Et bien sûr, veiller à ce qu’il puisse se dépenser le plus souvent possible ! 

  • L’âge du chat

Enfin, l’âge contribue lui aussi à augmenter le risque d’obésité féline. C’est entre 5 ans et 12 ans que nos boules de poils ont le plus tendance à s’empâter… et qu’un maître doit être encore plus attentif aux écarts pondéraux de son animal.

 

Comment aider mon chat à perdre du poids ?

Réguler progressivement l’alimentation et inciter à l’activité physique sont des solutions efficaces pour permettre à un chat obèse de perdre du poids. Dans cette optique, il est recommandé de consulter un vétérinaire pour définir les besoins de votre chat et fixer des objectifs raisonnables. Cet expert de la santé animale saura vous fournir une feuille de route précise et le régime le plus adapté pour les atteindre !

Proposer une alimentation adaptée

  • Alimentation équilibrée

Le régime « 100 % courgettes » est bien évidemment à proscrire ! Même dans le cadre d’un régime, les apports nutritionnels indispensables à votre chat doivent être respectés pour qu’il reste au top de sa forme. Privilégiez les aliments équilibrés, en choisissant pour votre animal une nourriture de haute qualité, riche en protéines et pauvre en glucides. N’hésitez pas à demander des recommandations à votre vétérinaire, il vous orientera si nécessaire vers des aliments spécifiquement formulés pour les chats en surpoids. (Et vous conseillera peut-être d’intégrer quelques courgettes aux menus de votre protégé !)

  • Contrôle des portions

Les rations journalières de nourriture doivent être appropriées à son état de santé. Respectez les quantités conseillées par votre vétérinaire, et n’hésitez pas à fractionner les repas tout au long de la journée. Un chat préfère généralement multiplier les petites collations plutôt que de faire un ou deux gros repas quotidiens. Attention il est important que le chat ne se sente pas privé de nourriture, une privation pourrait entrainer de l’agressivité et développer des comportements de vol de nourriture.

  • Réduction des friandises

Une alimentation adaptée signifie aussi restreindre les apports caloriques superflus, en réduisant la fréquence de distribution de friandises. Pour ne pas bannir totalement les récompenses, optez pour des produits sains !

Encourager l’exercice physique

Jouer et se dépenser sont des besoins essentiels et innés pour le chat : c’est un prédateur qui chasse ! Il est important de lui offrir un environnement riche et un espace de jeu adapté à ses besoins. Veillez à ce qu’il ait en permanence de quoi s’amuser seul s’il le souhaite, surtout s’il vit essentiellement en intérieur. Il doit pouvoir exprimer ces comportements de recherche de nourriture, de chasse et de poursuite. Vous pouvez lui laisser à disposition différents jeux (plumeau, balles, peluches…) en les renouvelant régulièrement pour éviter qu’il se lasse. Variez les plaisirs et répartissez ses jouets un peu partout dans la maison : les odeurs, les bruits et les textures éveillent sa curiosité ! L’arbre à chat est un investissement durable qui lui permettra de grimper et faire de l’exercice dès qu’il en aura envie.

Vous pouvez également cacher la nourriture à plusieurs endroits dans l’environnement de vie du chat et proposer des jeux qui permettent de dissimuler les croquettes et incite les animaux à être actif dans leur recherche de nourriture.

Les chats aiment jouer seul, mais aussi avec leur maître. Dans la mesure du possible, accordez-lui chaque jour au moins 15 à 20 minutes de jeu en votre compagnie. Cache-cache, attrape-souris ou chasse au rayon lumineux : tout est permis !

Une visite chez le vétérinaire

Au moindre doute sur le poids ou l’état de santé de votre chat, prenez rendez-vous avec votre vétérinaire. Un examen de votre animal lui permettra de confirmer une éventuelle prise de poids et d’en déterminer les raisons. Il pourra alors vous proposer un plan d’action personnalisé, basé sur des recommandations spécifiques à appliquer pour l’alimentation, l’exercice et les soins de santé.

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