Comprendre et traiter l'obésité chez le chien

Quelle qu’en soit l’origine, l’obésité d’un chien entraîne de multiples conséquences sur sa santé et son bien-être, exactement comme chez les humains. Comprendre les causes de cet excès de poids permet de mettre en place la meilleure stratégie possible pour effectuer une perte de poids. Quels sont les symptômes et les risques de l’obésité chez le chien, et comment l’aider à perdre du poids ?
Les causes de l’obésité chez le chien
L’obésité est une maladie contemporaine qui n’épargne pas nos boules de poil. À l’échelle européenne, on estime qu’environ 40 % des chiens sont en surpoids et que 20 % d’entre eux souffrent d’obésité. Comment s’expliquent ces chiffres considérables ?
Alimentation inappropriée
« Mon chien est en surpoids, que mange-t-il chaque jour ? » C’est la question qu’il faut d’abord se poser face à un chien atteint d’obésité. Les excès de table peuvent nuire à la santé de votre petit protégé. La nature, la composition et la fréquence des repas de nos animaux de compagnie ont une incidence notable sur leur équilibre alimentaire, et donc sur leur poids. Le problème réside alors dans des apports énergétiques quotidiens trop importants par rapport à leurs besoins nutritionnels. Ce déséquilibre peut provenir d’une quantité de nourriture inadaptée (ration quotidienne trop importante, friandises à répétition…) mais aussi des piètres qualités nutritives de l’alimentation proposée (alimentation industrielle de mauvaise qualité, restes de repas…)
Manque d’exercice physique
La sédentarité est également mise en cause lorsqu’un chien est trop gros. Trop de sessions canapé, sorties trop brèves ou trop peu fréquentes, manque de jeux, de promenades, d’exercices quotidiens… Un chien a besoin de se dépenser chaque jour tout au long de sa vie pour rester en pleine forme sur le plan physique, mais aussi mental ! Dans le cas contraire, il peut s’empâter, faute de pouvoir brûler les calories. Et même réclamer un peu trop de friandises et de croquettes pour tromper son ennui, s’exposant ainsi au risque inévitable de prendre encore plus de poids.
Prédispositions génétiques
En raison de leur héritage génétique, les représentants de certaines races de chiens semblent ne jamais être rassasiés car ils n’éprouvent pas (ou peu) la sensation de satiété. D’autres, réputés pour être des « chiens d’eau », ont une étonnante capacité à stocker la graisse… De plus les chiens de petites races et les races “toy” ont plus de prédisposition à présenter de l’obésité et du surpoids. Vous l’avez compris, toutes ces races naturellement prédisposées à prendre du poids nécessitent d’avoir une hygiène de vie saine et des menus équilibrés pour garder la ligne. C’est le cas du Labrador et du Golden Retriever, du Cavalier King Charles, du Cocker Spaniel, du Beagle, du Basset, des Bouledogues, du Carlin, du Teckel, des Terriers et des Bergers allemands, pour ne citer qu’eux…
Changements hormonaux et stérilisation
C’est un fait, la castration modifie le système hormonal d’un animal et son métabolisme. Il est tout à fait normal qu’un chien ait beaucoup plus d’appétit après sa stérilisation, alors que ses dépenses énergétiques sont plus faibles qu’avant. Ce paradoxe se gère en principe assez facilement avec une alimentation light et des balades régulières.
Vieillissement et métabolisme ralenti
C’est à partir d’un âge moyen de 4 ans que les animaux commencent généralement à prendre du poids, les cas d’obésité sont rares chez les jeunes et les très vieux individus. En dehors du ralentissement naturel du métabolisme liée à l’âge, la vieillesse signe souvent l’apparition de douleurs inflammatoires régulières, mais aussi de problèmes cardiovasculaires ou respiratoires qui empêchent un chien senior d’avoir une activité physique suffisante. S’installe alors un cercle vicieux : le manque d’activité implique moins de dépenses énergétiques, ce qui favorise une prise de poids qui limite encore plus les déplacements.
En outre, l’hypothyroïdie et la maladie de Cushing sont des maladies chroniques couramment impliquées dans la prise de poids d’un animal.
À noter que certains médicaments administrés dans le cadre du traitement de pathologies chroniques (antiépileptiques, corticoïdes) peuvent également ouvrir l’appétit du chien et le pousser à trop manger.
Les symptômes de l’obésité chez le chien
Signes physiques visibles
Observation et palpation
L’obésité se détecte facilement chez un chien à gros ventre indiscutablement bedonnant. En revanche, le surpoids peut facilement passer inaperçu, surtout s’il est camouflé sous un pelage épais. Chez un chien sans embonpoint vu de dessus, la ceinture abdominale (l’équivalent de notre tour de taille) doit être clairement marquée par rapport aux hanches, qui doivent être bien visibles et proéminentes.
La palpation de certaines zones du corps de l’animal (colonne vertébrale, cage thoracique, base de la queue) permet de compléter cet examen visuel. Elle reste un moyen fiable d’évaluer l’état corporel de l’animal en vérifiant l’épaisseur de sa masse graisseuse, notamment par la palpation des côtes. Placez vos mains à plat contre sa cage thoracique : si vous sentez ses côtes sans avoir à appuyer, votre chien est à son poids de forme. Si vous les devinez à peine, votre chien est probablement en léger surpoids. Mais si elles sont imperceptibles à cause d’une épaisse couche de graisse, un programme de remise en forme s’impose !
Poids
Peser son chien est une idée relativement facile à mettre en pratique à la maison avec un chien de gabarit modeste qui accepte d’être porté au bras le temps de l’opération. Il suffit de vous peser une fois avec votre compagnon, puis sans lui, afin de pouvoir calculer la différence entre les deux chiffres. Selon la taille et le degré de collaboration de l’animal, il vaut mieux planifier une visite chez le vétérinaire pour effectuer cette mesure (généralement il y a des balances à disposition dans les salles d’attentes des cliniques vétérinaires).
Cette information permet de déterminer avec précision s’il est en surpoids, en veillant à tenir compte du poids idéal supposé pour sa race. En effet, le poids moyen varie énormément entre une race de gros chien et un spécimen poids plume. Ainsi, 300 grammes de trop chez une femelle Chihuahua censée peser 3 kg la classent dans la catégorie « chien en surpoids« . Alors qu’un mâle Labrador, Golden retriever ou Berger allemand mâle d’un poids optimal de 30 kg doit peser 39 kg ou plus pour être considéré comme un chien obèse. Il est donc essentiel de comparer le poids de son animal à son poids de santé, en se référant aux normes établies selon sa race, son sexe et son âge.
Le calcul est simple : la médecine vétérinaire considère un chien « en surpoids » lorsque sa surcharge pondérale atteint 10 % à 20 % de son poids idéal. Au-delà de 20 % d’écart avec son poids optimal, cet excès le classe dans la catégorie « chien obèse ».
Un surpoids de l’ordre de 10 à 20 % du poids de l’animal n’est pas dramatique, mais il ne doit pas être négligé non plus. L’objectif dans ce cas doit être de revenir au poids de forme, et surtout d’éviter d’en prendre encore plus !
Être attentif à l’apparence physique de son animal et le peser régulièrement sont deux précautions qui permettent de surveiller de manière efficace le poids de son animal. Inutile de lui infliger des pesées trop fréquentes : si la prise de poids peut être rapide dans le cadre d’un désordre alimentaire, un chien qui grossit d’un coup cela n’existe pas !
Pour discuter du poids de votre chien, il est important de se référer à son vétérinaire traitant et d’en discuter avec lui. Il pourra répondre à vos interrogations et faire le diagnostic de surpoids ou d’obésité.
Comportements alimentaires anormaux
Un chien doté d’un appétit d’ogre doit attirer votre attention. Certains chiens trop gloutons dévorent le contenu de leur gamelle en un temps record, sans avoir le temps d’éprouver une sensation de satiété. Sans restriction, ils peuvent avaler des quantités phénoménales de nourriture, bien trop importantes par rapport à leurs besoins.
Ce comportement alimentaire excessif est parfois signe de boulimie, une pathologie à prendre au sérieux car elle masque généralement un stress ou une profonde anxiété.
Difficultés respiratoires et fatigue
L’apathie, le manque d’endurance ou la fatigue sont également des symptômes bien visibles de l’obésité canine. Un chien obèse s’essouffle beaucoup plus rapidement que ses congénères en bonne santé : sa fréquence respiratoire augmente pour compenser la réduction du volume d’air inspiré dans les poumons, responsable d’une hypooxygénation du sang. En réaction, il aura tendance à limiter les efforts et à réduire son activité à l’essentiel.
Les risques associés à l’obésité canine
Problèmes articulaires et de mobilité
L’obésité constitue un risque majeur de maladies ostéoarticulaires chez le chien. L’excès de poids pèse lourd sur les articulations de nos loulous, favorisant l’apparition d’arthrose, la rupture des ligaments croisés et d’autres problèmes orthopédiques (boiteries, usure prématurée des articulations, inflammation chronique…) : les dommages sur l’appareil locomoteur sont nombreux. De plus, les douleurs et les difficultés de mobilisation provoquées par les pathologies articulaires limitent l’activité physique et favorisent une prise de poids supplémentaire. Ce qui affecte leur qualité de vie.
Maladies cardiovasculaires et troubles respiratoires
Le surpoids met le cœur et l’appareil respiratoire des chiens à rude épreuve. L’obésité chez le chien entraîne une accumulation de graisse dans plusieurs organes vitaux, à commencer par les poumons et le cœur. Celui-ci est obligé de « travailler à plein régime » en battant à une fréquence trop élevée. Avec un risque accru de développer différents problèmes cardiaques, typiques d’un cœur sursollicité (hypertension, insuffisance cardiaque…) En dehors des maladies cardiaques l’obésité limite la fonction pulmonaire et restreint les capacités respiratoires de l’animal, ce qui pose problème à l’effort et en endurance.
Diabète et autres troubles métaboliques
L’apparition d’un diabète sucré chez le chien est souvent la conséquence directe – et irréversible – de l’obésité. En outre, une alimentation trop riche et un excès de poids peuvent également être à l’origine de problèmes de digestion, d’un ralentissement du transit ou de la modification de la flore intestinale. Mais elle peut également favoriser l’apparition de problèmes rénaux.
Stratégies pour aider un chien obèse à perdre du poids
Faire maigrir son chien reste la meilleure solution pour votre animal. L’idée n’est pas de l’affamer, ni de le transformer en athlète du jour au lendemain ! Mais le faire maigrir va lui permettre de retrouver de l’énergie et de la vitalité.
Régime alimentaire adapté
La première mesure à prendre est de revoir son alimentation pour l’adapter à ses besoins. Faire maigrir un chien rapidement est une très mauvaise idée : même au régime, un chien a des besoins nutritionnels qu’il est essentiel de respecter ! Les régimes draconiens sont formellement déconseillés pour des raisons de santé évidentes. Par ailleurs, comme chez les humains, il sont contre-productifs et mènent généralement à une reprise de poids à moyen terme. Réduire légèrement ses rations ou opter pour des croquettes light de bonne qualité sont des pistes beaucoup plus efficaces. En revanche, les friandises à volonté, c’est terminé ! Il est important de limiter le grignotage en dehors des repas, et d’opter pour des récompenses saines, à faible teneur en sucres et en graisses. N’hésitez pas à vous rapprocher de votre vétérinaire pour mettre en place des menus allégés et fixer le rythme de repas optimal. Soyez patient : en 3 à 4 mois, un programme sur-mesure basé sur une alimentation saine et équilibrée et une hygiène de vie au top devraient vous permettre de l’aider à se débarrasser durablement de ses kilos en trop.
Augmentation de l’activité physique
Pour faire mincir votre boule de poils, faites-le bouger ! Encouragez-le à faire de l’exercice physique plus souvent qu’à l’ordinaire, progressivement et sans exagérer pour commencer. Ajoutez des extras à ses sorties quotidiennes : multipliez peu à peu les promenades, les petites randonnées adaptées à ses capacités physiques, les parties de « va chercher la balle »… et soyez attentifs aux signes de fatigue, surtout s’il est âgé. Si votre animal a déjà des problèmes articulaires, il est très important d’adapter les séances d’activités physiques : les séances doivent être courtes mais plus fréquentes. Il est impératif de prendre conseil auprès de votre vétérinaire afin de proposer à votre animal des activités adaptées à sa condition physique.
Suivi vétérinaire régulier
Un maître n’a pas toujours conscience que son animal est un peu trop grassouillet. C’est l’une des raisons pour lesquelles le suivi vétérinaire régulier est si important pour un chien (consulter Comment financer les soins de mon animal ?). C’est souvent le vétérinaire qui constate le surpoids de l’animal lors d’une visite de routine. Une occasion à saisir pour prendre les choses en main ! En l’absence de causes alimentaires, il saura déterminer la raison de cette obésité : origine hormonale, pathologie, stress, manque d’activité physique… Pendant quelques temps, un suivi mensuel sera nécessaire pour faire le point sur le poids de votre animal et sur son état de santé.
Seul un professionnel peut évaluer précisément combien de temps il faut pour faire maigrir un chien sans risque et dans les meilleures conditions possibles afin de stabiliser son poids sur la durée.



