Adopter un chien mâle ou femelle : quel choix faire ?

Faut-il choisir un chien mâle ou femelle ? La question se pose très souvent lorsqu’on décide d’adopter un nouveau compagnon. Presque aussi déterminant que la race du chien ou sa taille, le choix du sexe de l’animal fait l’objet de nombreux mythes et idées reçues. Il existe malgré tout d’indéniables différences physiologiques et comportementales entre mâles et femelles. Nous vous proposons de les découvrir, loin des clichés et des a priori, pour vous aider à faire le meilleur choix d’adoption possible en fonction de votre situation. En gardant à l’esprit que ces différences correspondent surtout à des généralités et que le comportement d’un chien à l’âge adulte dépend surtout de sa personnalité et bien sûr de son éducation !
Les différences physiologiques et comportementales
Les chiens femelles
Sur le plan biologique, les femelles ont des cycles hormonaux rythmés par les périodes de chaleurs. Celles-ci surviennent généralement une à deux fois par an et durent environ trois semaines.
Durant ces chaleurs, une chienne non stérilisée perd un peu de sang et secrète des phéromones. Ces hormones sexuelles à l’odeur caractéristique peuvent attirer les mâles dans un large périmètre, ce qui peut engendrer des situations délicates, notamment des portées inattendues.
En l’absence de fécondation, il est assez courant qu’une femelle souffre de pseudo-gestation. Pas systématique mais relativement fréquent, ce phénomène mieux connu sous le nom de « grossesse nerveuse » apparaît environ deux mois après la dernière chaleur. Il se manifeste sous la forme de symptômes ressemblant en tous points à ceux d’une grossesse : nidation, lactation…
La stérilisation élimine une grande partie de ces problèmes en supprimant les cycles hormonaux. Elle permet également de lutter contre les abandons en limitant les portées non désirées. N’hésitez pas à lire notre article sur l’importance de la stérilisation.
Côté comportement, les femelles sont en règle générale perçues comme douces, calmes, affectueuses et attachées à leurs propriétaires. On leur prête une tendance naturelle à la fidélité et à l’obéissance, au point qu’elles sont souvent considérées comme étant plus faciles à éduquer. Il s’agit cependant de généralités et le caractère d’une chienne varie bien évidemment selon les individus ! Tout comme les mâles, certaines femelles ont un tempérament protecteur vis-à-vis de leur territoire ou des membres du foyer, notamment les enfants, ce qui peut les rendre légèrement méfiantes envers les étrangers.
Les chiens mâles
Point de cycles hormonaux chez les mâles, mais le comportement d’un chien entier peut être influencé par la production d’une hormone nommée testostérone. Cela se traduit parfois par une tendance à marquer le territoire en urinant partout, même à l’intérieur de la maison. Les mâles éprouvent généralement un irrépressible besoin de chercher des partenaires dès qu’une femelle en chaleur se trouve aux alentours, ce qui peut entraîner des fugues. Ici aussi, la castration peut atténuer significativement ce comportement instinctif et les différents inconvénients qui y sont liés. (lien vers notre article stérilisation)
Sur le plan comportemental, les mâles ont la réputation d’être plus indépendants, plus dynamiques, mais aussi plus maladroits et plus brusques que les femelles. Un chiot mâle est très joueur et il le reste généralement à l’âge adulte ! Par ailleurs, les mâles sont plus enclins à explorer leur environnement, à rechercher des interactions sociales… En promenade, un chien mâle peut être un peu plus difficile à retenir, notamment en raison de son gabarit plus imposant. Les balades sont également ponctuées de fréquents arrêts-pipi : poteaux, buissons, bornes à incendie, tout est bon pour laisser une trace olfactive de son passage !
Les mythes et réalités sur les différences de sexe
Les mâles sont plus dominants
Chez les chiens, dominance et agressivité sont deux notions bien distinctes, qui n’ont aucun lien l’une avec l’autre. La dominance n’est pas un trouble du comportement, mais un comportement intraspécifique. Elle s’inscrit dans les codes sociaux propres à l’espèce canine et concerne les mâles, mais aussi les femelles. Le statut de dominant n’est pas figé, il évolue au gré des interactions avec les congénères. Lorsqu’un chien (ou une chienne) occupe cette position, c’est seulement vis-à-vis d’autres toutous, mais jamais des humains, y compris son maître. Un chien peut très bien être soumis face à ses congénères, mais agressif envers les humains. En revanche, les chiens « dominants » ont rarement besoin de recourir à l’agressivité pour asseoir leur position : calmes, sûrs d’eux, leur seule présence en impose naturellement aux autres chiens.
En revanche, un mâle comme une femelle peuvent être agressifs. Ce trouble du comportement problématique a toujours une cause précise qu’il faut identifier : peur, douleur, socialisation défaillante, ou même instinct maternel… En réalité, l’agressivité d’un animal dépend davantage de son éducation, de son environnement et de son expérience individuelle que de son sexe. Une femelle peut très bien faire preuve d’un comportement affirmé, par exemple pour protéger ses petits ou un enfant en bas âge, tandis qu’un mâle peut être docile et facile à vivre mais l’inverse est également possible.
Les femelles doivent avoir une portée avant d’être stérilisées
L’un des mythes les plus tenaces concernant le sexe de nos animaux de compagnie repose sur une supposition qui n’a jamais été prouvée, selon laquelle avoir une descendance rendrait plus heureux. Cette hypothèse résulte de l’anthropomorphisation, le fait d’attribuer à un animal un comportement proche de celui de l’humain.
D’après cette idée reçue très répandue, les femelles devraient nécessairement avoir au moins une portée pour être épanouies. Or, rien ne démontre que cet « heureux » événement présente un bénéfice quelconque pour leur santé ou leur bien-être psychologique. La théorie d’une plénitude liée à la procréation est d’ailleurs également remise en question par la science en ce qui concerne les humains… Par contre, il est prouvé que la stérilisation précoce réduit significativement le risque d’apparition de tumeurs mammaires et de pathologies de l’utérus.
La stérilisation règle les problèmes de comportement
La stérilisation peut atténuer certains comportements liés aux hormones, comme le marquage territorial, les fugues ou les bagarres. Toutefois, elle n’est pas une solution miracle pour corriger différents problèmes généralement liés au vécu de l’animal tels que l’agressivité, l’angoisse de séparation ou l’anxiété. Ces troubles du comportement nécessitent une éducation appropriée et, dans certains cas, l’accompagnement d’un éducateur canin, d’un comportementaliste ou d’un vétérinaire.
Les mâles sont plus fugueurs
Beaucoup de mâles entiers sont facilement tentés de fuguer pour chercher une femelle en chaleur. Cependant, ce besoin de vadrouiller dans le seul but de s’accoupler n’est pas une généralité et il dépend énormément du tempérament de l’animal. Une fois stérilisé, ce penchant diminue considérablement, rendant la plupart du temps les mâles tout aussi sédentaires que les femelles.
La stérilisation : une solution pour tous
Avantages de la stérilisation
La stérilisation est une décision responsable qui présente de nombreux bénéfices pour un chien, quel que soit son sexe. Par ailleurs, elle estompe largement les différences liées aux hormones sexuelles qui peuvent exister entre un chien mâle et femelle.
Chez les femelles, elle élimine le risque d’avoir des portées, les inconvénients liés aux chaleurs (“grossesses nerveuses” ou pseudo gestation, pertes sanguines, fugue pour la recherche de mâles…), réduit les probabilités de développer des cancers mammaires et des infections utérines.
Chez les mâles, la castration diminue les comportements liés à la testostérone (fugues, conflits avec les autres mâles en période de reproduction, nervosité, marquage urinaire territorial à l’intérieur et à l’extérieur du foyer…) et restreint significativement le risque de cancer des testicules ainsi que les affections de la prostate (hypertrophie, abcès, tumeur…)
De manière générale, la stérilisation contribue à améliorer la qualité de vie d’un chien, mais aussi le quotidien de son entourage, en éliminant différents facteurs de stress, et d’inquiétude et de mise en danger.
Enfin, la stérilisation permet aussi de lutter contre la surpopulation animale, en évitant que des chiots non désirés finissent abandonnés en refuge, en vente sur des sites internet ou par le bouche à oreille.
Considérations à prendre en compte
La stérilisation est recommandée, car reconnue comme un choix respectueux de la santé et du bien-être d’un chien. Avant l’opération de votre nouveau compagnon, il est important de consulter un vétérinaire afin de déterminer le moment idéal. Celui-ci peut varie entre l’âge de 6 et 12 mois selon la taille, la race et le sexe de votre chien. L’intervention peut toutefois être pratiquée à tout âge, mais une castration tardive a un impact plus réduit sur le développement de pathologies cancéreuses.
Il faut également savoir que la stérilisation entraîne des changements hormonaux pouvant influencer le métabolisme. Certains chiens stérilisés ayant facilement tendance à l’embonpoint, ils nécessitent d’accorder une attention particulière à l’équilibre de leur alimentation et à leur activité physique.
Choisir en fonction de votre situation
Vous avez déjà un chien
Si vous possédez déjà un chien, le sexe de votre nouveau compagnon peut influencer la dynamique du binôme. De manière générale, les chiens de sexes opposés s’entendent mieux, car les conflits sont moins fréquents. Si vous envisagez de prendre un deuxième chien du même sexe, assurez-vous que les deux individus aient des tempéraments compatibles. Ils auront tous deux besoin d’une période d’adaptation pour apprendre à se connaître, mais en procédant avec douceur et bienveillance, votre nouveau compagnon ne devrait avoir aucun problème à trouver sa place.
Votre style de vie
Choisir le sexe de votre nouveau compagnon en fonction de votre mode de vie, pourquoi pas ? Mais c’est plutôt sur les caractéristiques individueles que votre choix doit se porter. En effet, si vous êtes une personne dynamique, menant une vie remplie d’activités en extérieur, un chien énergique, mâle ou femelle, devrait s’harmoniser à merveille avec votre propre vitalité. Votre nouveau compagnon sera ravi d’avoir de nombreuses occasions de se dépenser aux côtés de son maître ou de sa maîtresse ! En revanche, si vous recherchez un partenaire calme et discret, une femelle ou un mâle de tempérament calme serait un choix judicieux.
Il est essentiel de considérer le temps et l’investissement que vous pouvez consacrer à votre chien. Quelque soit le sexe de votre compagnon, une éducation cohérente en méthode positive et une bonne socialisation dès le plus jeune âge sont primordiales pour garantir une cohabitation harmonieuse.




